L’oeuvre, installée en 2006 dans la ville bretonne de Ploërmel, est composée d’une statue du pape défunt entouré d’une arche surplombée d’une croix monumentale de 8 mètres au total. Elle va à l’encontre du principe de laïcité selon la justice française.
Ce monument «par sa disposition et ses dimensions, présente un caractère ostentatoire» et contrevient ainsi à la Constitution, qui souligne le caractère laïc de la république française, et à la loi de 1905 instaurant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, a jugé le tribunal administratif de Rennes.
«Ce jugement implique nécessairement que le monument (…) soit retiré de son emplacement actuel», poursuit le tribunal, qui donne six mois à la ville pour s’y conformer.
Le maire de droite de Ploërmel, Patrick Le Diffon, a annoncé son intention de faire appel, affirmant vouloir «épuiser tous les recours juridiques possibles».
«J’ai bien compris que c’est l’arche et la croix au-dessus qui sont jugées ostentatoires, et que les retirer pourrait être suffisant, mais je ne peux pas le faire sans le consentement de l’artiste», a-t-il encore déclaré.
Depuis son installation sur une place rebaptisée «Saint Jean Paul II», l’oeuvre de l’artiste russe Zurab Tseretli qui l’a cédée à la ville, n’a cessé d’alimenter les polémiques.
Déjà en janvier 2010, la justice avait déclaré illégale une subvention de 4500 euros versée en 2006 par le département. Les opposants dénonçaient à l’époque le recours à des fonds publics pour le financement du socle de la statue, sur lequel figure la phrase de Jean Paul II «n’ayez pas peur», et la cérémonie d’inauguration.
(ats)



