Dans un nouveau rapport, l’organisation de défense des droits de l’homme affirme que les raids incessants de l’armée de l’air contre l’ancienne capitale économique du pays en guerre ont contraint les habitants «à mener une existence souterraine».
Le rapport critique surtout le recours par le régime aux barils d’explosifs dans ses frappes, une arme dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme comme particulièrement destructrice et qui tue de manière aveugle.
«En visant de manière délibérée et continuelle les civils, le gouvernement semble avoir adopté une politique insensible de punition collective contre la population civile à Alep», affirme le directeur du programme Moyen-Orient/Afrique du Nord d’Amnesty, Philip Luther.
«Canons de l’enfer»
L’ONG critique aussi les groupes rebelles présents à Alep, une ville divisée depuis 2012 entre l’est aux mains des insurgés et l’ouest contrôlé par le régime.
Le rapport assure que les rebelles ont commis des «crimes de guerre» en utilisant «des armes imprécises comme les obus de mortier et des roquettes artisanales fabriquées à partir de bouteilles de gaz surnommées (par les rebelles) ‘les canons de l’enfer’».
Les projectiles, tirés régulièrement par les rebelles contre la partie occidentale de la ville, ont causé, selon Amnesty, la mort de 600 civils en 2014. Durant la même année, les barils d’explosifs ont tué plus de 3000 civils dans la province d’Alep, ajouté l’ONG.
Le rapport fait également état, documents à l’appui, de «la torture à grande échelle, des détentions arbitraires et des élèvements menés aussi bien par le gouvernement que par les groupes d’opposition armés».
Plus de 220’000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit, déclenché en mars 2011 par la répression par le régime d’un mouvement de contestation pacifique.
(ats)



