C’est une première! Les signaux annonçant le dégel effectif entre Cuba et les États-Unis se succèdent ces derniers jours. Ainsi, mardi 5 mai, les États-Unis ont annoncé avoir accordé des licences autorisant le transport de passagers par ferry entre les côtes américaines et Cuba.
“Quelques licences ont été accordées” permettant l’exploitation de liaisons par ferry, a indiqué une porte-parole du département américain du Trésor à Washington sans indiquer le nombre de permis accordés. Quatre compagnies de Floride ont confirmé être autorisées à lancer un service de ferry rejoignant Cuba, distante d’environ 150 km des côtes américaines.
L’odeur du pétrole
Et voilà que l’on apprend que des experts américains ont été accueilli mercredi 6 mai à La Havane. Objectif: s’informer sur le potentiel pétrolier de Cuba.
«Nous avons des invités américains qui participent avec nous» à la 6e Convention cubaine des sciences de la Terre, à La Havane, a déclaré Pedro Sorzano, directeur des activités de l’entreprise pétrolière d’Etat Cupet, en conférence de presse.
Potentiel dans le Golf du Mexique
Cupet a présenté lors de cette convention un «résumé technique» sur le potentiel de la zone cubaine située dans le Golfe du Mexique, ouverte aux investissements étrangers.
Les participants en provenance des États-Unis sont des «Américains venant surtout d’entités privées», a indiqué Pedro Sorzano, sans préciser s’il s’agissait de groupes pétroliers ou d’entités scientifiques.
Mais «nous n’avons pas encore trouvé d’entreprise (américaine) intéressée» par la recherche de pétrole dans les eaux cubaines, a-t-il reconnu. «Nous y travaillons, mais nous n’avons pas encore trouvé».
Les sociétés américaines sont jusqu’à présentes interdites de toute activité à Cuba, en raison de l’embargo dicté par Washington en 1962 contre le régime communiste de l’île. Le président Barack Obama espère le lever, à la faveur du rapprochement historique amorcé le 17 décembre avec La Havane.
Des années de travail
Le résumé présenté mercredi par Cupet rappelait les années de travail mené avec divers groupes étrangers dans le Golfe du Mexique, notamment les trois perforations réalisées en 2012, qui s’étaient toutes soldées par des échecs.
Cupet «a réalisé un excellent travail de rassemblement de l’information», pour réaliser désormais des prospections plus adéquates, a expliqué à l’AFP l’expert cubain Jorge Piñon, de l’Université de Texas, à Austin, ex-président de la compagnie pétrolière Amoco Oil Latinoamerica.
La zone économique cubaine du Golfe du Mexique, de 112’000 kilomètres carrés, a été divisée en 59 blocs, dont 22 ont fait l’objet de contrats avec des entreprises de Norvège, Espagne, Inde, Venezuela, Vietnam, Malaisie, Angola et Russie.
Des échecs de perforations
Mais en raison des échecs de perforations, ne restent désormais présentes que trois sociétés étrangères, selon les autorités : PDVSA (Venezuela), Sonangol (Angola) et Zarubezhneft (Russie).
Cuba produit déjà 25 millions de barils par an, du pétrole extra-lourd ne pouvant servir qu’à la production électrique, de ciment ou d’asphalte, ce qui couvre 50% de sa consommation. L’île importe le reste du Venezuela, avec des facilités de paiement de son allié traditionnel.
«La question n’est pas si Cuba a ou non du pétrole dans le Golfe du Mexique, ce qu’on décide actuellement c’est quand on va le découvrir», selon le responsable d’exploration de Cupet, Rafael Tenrreyro.
( /AFP/JAA/Newsnet)




