La version officielle sur la mort d’Oussama Ben Laden serait truffée de mensonges, selon Seymour Hersh. Le journaliste, lauréat du prix Pulitzer en 1970, raconte dans une longue enquête publiée «London Review of Books», que le Pakistan a coopéré à l’opération militaire.
Washington rejette un article sur le rôle du Pakistan
La Maison Blanche a catégoriquement rejeté lundi les affirmations «sans fondement» du journaliste américain Seymour Hersh selon lequel l’administration a menti sur les conditions dans lesquelles Oussama Ben Laden a été tué en mai 2011 au Pakistan. «Il y a trop d’inexactitudes et d’affirmations sans fondement dans cet article pour y répondre point par point», a affirmé Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).
«C’est un énorme mensonge, il n’y a pas un seul mot de vrai», écrit-il tout en rappelant: «L’exécution d’Oussama ben Laden a été le point d’orgue du premier mandat d’Obama et un facteur majeur de sa réélection en 2012.» Mais alors que s’est-il réellement passé le 2 mai 2011lors du raid des Navy Seals à Abottabad? La version officielle, donnée par l’administration Obama au lendemain de la mort de l’ennemi public numéro 1 affirmait que les Etats-Unis, grâce à la CIA, avaient traqué et localisé seuls le chef d’al-Qaïda.
Le cadavre n’aurait pas été jeté à la mer
Pour Hersh, cette histoire est «fausse, comme plusieurs autres éléments de la version de l’administration Obama». Selon le journaliste, les services de renseignements pakistanais avaient capturé Ben Laden dès 2006. Ce dernier aurait été assigné à résidence dans la maison où il a finalement été tué à Abottabad.
Citant une source, un ancien haut dirigeant du service du renseignement des États-Unis, Hersh prétend même qu’Islamabad aurait donné la position de Ben Laden aux Américains en échange de 25 millions de dollars et que des officiels pakistanais auraient escorté les Navy Seals jusque dans la chambre du Saoudien. Washington avait affirmé avoir retrouvé la trace du cerveau du 11-Septembre grâce à la complicité de ses messagers et de son chauffeur.
Seymour Hersh revient également sur l’épisode de la dépouille d’Oussama Ben Laden. La Maison-Blanche a toujours affirmé que le corps du terroriste avait été jeté à la mer, quelques heures après l’opération afin, notamment, d’éviter que sa tombe devienne un lieu de recueillement. Là aussi la vérité serait bien différente. Les hélicoptères Black Hawk transportant les Navy Seals auraient obtenu l’accord du Pakistan pour survoler son espace aérien. Et lors du voyage retour, les restes de Ben Laden auraient été jetés, en plein vol, lors du survol de l’Hindu Kush, montagne d’Asie Centrale.
Seymour Hersh s’est distingué par le passé pour ses révélations sur le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam ou encore le scandale de la prison d’Abou Ghraïb en Irak, mais les controverses qui ont entouré plusieurs de ses articles récents ont terni son image aux Etats-Unis.
(cga)




