«Merci pour ce moment», le best-seller au vitriol de l’ex-première dame, est disponible en livre de poche. A cette occasion de cette nouvelle sortie en librairie, Valérie Trierweiler a donné une interview au Parisien. Le temps qui passe n’y fait rien, le ton n’est pas plus apaisé. Ex-chef politique de rédactions prestigieuses comme l’Express, le Nouvel Observateur ou encore France Inter, Robert Schneider a signé en 2014 le livre «Première dames». Son analyse sur cette ex-première dame d’opposition. Interview.
Selon Valérie Trierweiler, «Hollande et Royal sont indissociables». Le magazine L’Obs vient d’ailleurs de titrer la «vice-présidente» un portrait de Ségolène Royal?
Je ne le crois pas du tout. L’Obs exagère. Il est évident que Ségolène Royal s’est rapprochée de Hollande, l’homme avec lequel elle a partagé trente ans de sa vie. Mais au cours de l’année politique, on a vu le premier ministre Manuel Valls recadrer Ségolène Royal plusieurs fois sans que François Hollande intervienne en sa faveur.
On est donc toujours, chez Valérie Trierweiler, dans le scénario vengeance de l’amante éconduite?
Valérie Trierweiler doit enrager. Le fait que L’Obs parle de Ségolène Royal comme cela, à tort ou à raison, cela démontre qu’elle a perdu la partie contre celle qui fut toujours sa grande rivale. Face à laquelle elle a toujours été d’une jalousie maladive et obsédante. Elle est, et a été, à ce point hantée par Ségolène Royal qu’elle n’a pas vu venir Julie Gayet.
Le livre «Merci pour ce moment» a-t-il fait du mal à François Hollande?
Sur le moment, cela a été un moment difficile pour François Hollande. Mais les Français ne mélangent pas vie privée et vie publique. Jacques Chirac, François Mitterrand ou Valéry Giscard d’Estaing ont tous eu des maîtresses dont l’existence était plus ou moins connue mais cela n’a jamais perturbé les Français.
Donc, selon vous, c’est sans conséquence politique?
La manière dont il l’a répudiée publiquement a choqué beaucoup de femmes. Mais personne n’ignore que François Hollande a tout fait pour trouver un arrangement à l’amiable que Valérie Trierweiler a toujours refusé. Au final, exaspéré, le président de la république a sans doute manqué d’élégance. Mais la réputation – mauvaise – de Valérie Trierweiler l’a précédée. Donc les femmes ont été plutôt indulgentes. Non, ce qui a fait mal à Hollande, c’est l’histoire du tweet.
Les 140 signes d’un tweet plus dangereux qu’un livre de deux cents pages?
Oui, la compagne du président qui déjuge le président pour s’attaquer à son ex, c’est terrible pour son image. Car François Hollande est apparu «petit bonhomme», pris dans une tourmente entre deux femmes de caractère. De plus il n’a pas su trancher sur le moment. S’il avait rompu avec Valérie Trierweiler à ce moment, les gens auraient compris. Au contraire, il a laissé pourrir la situation et il a donné l’impression d’être indécis, peu sûr de lui, victime de deux furies… Petit bonhomme, aux yeux de beaucoup!
Et le contenu du livre, comment le jugez-vous, presque une année après sa publication?
Je n’ai pas à me prononcer. Mais l’énergie qu’elle met à nuire à François Hollande surprend tout de même. La charge est violente, avec des éléments et des intentions pénibles prêtés à François Hollande. L’histoire des «sans dents» surprend tous ceux qui, comme moi, connaissent François Hollande depuis longtemps. L’homme adore plaisanter: qu’il ait eu un mot malheureux, je ne l’exclus pas mais qu’il soit malintentionné envers les plus démunis, je ne le crois pas!
A lire: Robert Schneider, «Premières dames – dans l’intimité d’Yvonne, Claude, Anne-Aymone, Danielle…» Editions Perrin (2014)
(TDG)




