Naufrages en méditerranée: Londres ne veut pas du plan d’immigration de l’UE

 

Bruxelles juge que le «pire serait de ne rien faire» et a appelé Londres à prendre le temps d’étudier le projet.

«Le pire serait de maintenir le système actuel», a lancé le numéro 2 de la Commission, Frans Timmermans (en photo ci-dessus), interrogé sur le «désaccord» avec le plan de l’UE dont la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, a fait part aux médias peu avant sa présentation.

«J’ai le plus grand respect pour le renseignement britannique mais je ne suis pas sûr que Theresa May a pris connaissance de tous nos plans», a ironisé cet ancien chef de la diplomatie néerlandaise.

«Ne rien faire serait empirer le sort des personnes en détresse, et perdre toute crédibilité face à nos citoyens, nous ne pouvons pas accepter que des familles entières se noient en Méditerranée», a-t-il insisté.

Le plan adopté mercredi par la Commission européenne après une série de naufrages qui ont fait des centaines de morts en Méditerranée vise notamment à renforcer les secours en mer et à gérer l’accueil des migrants à leur arrivée dans l’UE. Ces dispositions prévoient l’instauration de quotas pour répartir les réfugiés entre pays européens: la Commission a notamment proposé ce 13 mai que 20’000 migrants soient accueillis et répartis dans l’UE ces deux prochaines années.

Renvoyer les migrants

Lançant la charge, la ministre britannique a prôné le renvoi des migrants tentant de gagner l’UE en traversant la Méditerranée. «Je suis en désaccord avec Federica Mogherini (la cheffe de la diplomatie européenne, ndlr) quand elle soutient qu’aucun migrant ou réfugié intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré», avait insisté Mme May quelques heures avant la présentation du plan de Jean-Claude Juncker. «Une telle approche ne peut qu’encourager plus de gens à risquer leur vie», estime la ministre britannique.

La Commission a décidé d’autoriser Londres, Dublin et Copenhague, qui ne sont pas signataires des accords de Schengen/Dublin, à ne pas contribuer à la politique de redistribution des réfugiés entre les pays de l’Union européenne.

(ats/Newsnet)