Thaïlande: L’ex-première ministre clame son innocence

 

«Je suis innocente. Et j’espère que la cour me rendra justice», a déclaré l’ex-première ministre. Elle a plaidé non coupable de négligence dans un coûteux programme gouvernemental de subvention à la riziculture, émaillé de corruption selon ses détracteurs, qui aurait coûté plusieurs milliards de dollars à son pays.

La prochaine audience a été fixée au 21 juillet. Dans l’intervalle, Yingluck, qui a été démise de ses fonctions en mai 2014, peu avant un coup d’Etat militaire, devra toujours demander une autorisation de sortie de territoire pour tout voyage à l’étranger.

Le parquet avait rappelé lundi qu’elle risquait l’arrestation si elle ne se présentait pas au tribunal mardi. «Yingluck, bats-toi!», ont lancé environ 200 de ses partisans venus lui apporter son soutien devant la cour suprême. Ce type d’action est rare dans un pays où les rassemblements politiques restent interdits en dépit de la levée de la loi martiale.

Thaksin réagit

Yingluck dit exclure de fuir le pays pour échapper à la justice comme l’a fait son frère Thaksin Shinawatra, également ancien Premier ministre. Il a en effet fait le choix de l’exil pour éviter de purger plusieurs années de prison pour corruption, après un coup d’Etat contre lui en 2006.

Au moment même où sa soeur clamait son innocence devant la justice, le milliardaire a fait, depuis Séoul, une sortie remarquée sur la nécessaire indépendance de la justice, en prenant garde de ne pas faire directement référence au sort de sa soeur.

Punir les Shinawatra

Nombre d’analystes voient cette affaire comme le dernier coup porté à la famille Shinawatra, qui domine la scène politique thaïlandaise depuis le début des années 2000, au grand dam des élites conservatrices comme l’armée aujourd’hui au pouvoir.

Pour Puangthong Pawakapan, spécialiste de politique à l’université Chulalongkorn de Bangkok, «une faction de faucons de l’ancien régime (…) veut punir les Shinawatra au maximum».

«Mais la mettre en prison ne fera qu’augmenter la colère des chemises rouges», puissant mouvement populaire pro-Shinawatra qui respecte depuis le coup d’Etat du 22 mai les consignes de ses dirigeants de ne pas sortir dans la rue et de garder un profil bas.

Après cette brève première audience lundi, la prochaine audience pour le procès de Yingluck a été fixée au 21 juillet. Dans l’intervalle, elle reste libre, après versement d’une caution de 30 millions de bahts (815’000 francs). Elle devra néanmoins toujours demander une autorisation de sortie de territoire pour tout voyage à l’étranger.

(ats)