Au moins deux véhicules des Houthis ont été détruits dans le quartier Tawahi et trois autres dans celui de Khor Maksar, ont ajouté ces sources sans pouvoir avancer de bilan des pertes humaines des Houthis. L’enceinte du palais présidentiel et une base des forces spéciales ont aussi été visées.
En exil à Ryad, le ministre yéménite des Affaires étrangères Reyad Yassine Abdallah a affirmé que les frappes de la coalition avaient repris parce que les miliciens chiites et leurs alliés n’avaient pas respecté ce cessez-le-feu.
«Le fait est que les rebelles Houthis n’ont pas respecté le cessez-le-feu. Ils ont continué de se battre contre des civils. Nous l’avions déjà dit: s’ils recommençaient, nous recommencerions», a-t-il déclaré à Reuters.
Il a ajouté que dans la détermination des cibles, le commandement de la coalition épargnerait l’aéroport de Sanaa et les installations portuaires d’Aden et de Hodaïda, afin de ne pas entraver l’acheminement de l’aide humanitaire.
Distribution compliquée
Si le calme régnait lundi dans la capitale Sanaa, la population restait privée de services essentiels comme l’eau, l’électricité et les carburants. Des centaines de véhicules patientaient devant les rares stations-service ouvertes.
Si la trêve a permis d’acheminer dans le pays des quantités substantielles de carburant, de médicaments et de vivres, leur distribution reste entravée par les combats et marquée par des controverses.
Un collectif d’organisations hostiles aux Houthis accuse les miliciens chiites d’accaparer l’aide qui arrive à Taëz. «La trêve n’a bénéficié qu’aux Houthis qui en ont profité pour mieux organiser leurs rangs et reconstituer leurs stocks de carburant dans les régions qu’ils contrôlent», écrit le groupe «Forces révolutionnaires de Taëz».
Dimanche, l’émissaire des Nations Unies Ismaïl Ould Cheikh Ahmed estimait que le cessez-le-feu n’avait pas permis d’acheminer suffisamment d’aide humanitaire dans les zones touchées par le conflit. L’ONU juge la situation humanitaire «catastrophique».
Zone protégée par l’ONU
L’Iran a réclamé pour sa part que l’ONU assume un rôle plus actif au Yémen, en établissant notamment une présence au sol qui garantirait la distribution de l’aide humanitaire.
«Nous pensons que l’ONU doit créer une ‘zone protégée’ au Yémen pour prendre en charge l’aide humanitaire», a dit le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, lors d’une conférence de presse télévisée.
Environ 1600 personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées au Yémen depuis le mois de mars.
(ats)




