L’Espagne s’attend à des élections régionales et municipales de tous les dangers ce dimanche 24 mai pour la droite au pouvoir et l’opposition socialiste. Les indignés pourraient ravir Barcelone, voire même Madrid, selon les sondages, qui prévoient la fin du bipartisme.
Le chef du gouvernement Mariano Rajoy (parti populaire) s’est impliqué à fond dans la campagne, parcourant 14’000 km, tandis que Pedro Sanchez, secrétaire général du parti socialiste (PSOE), en a fait 25’000. Le scrutin reste toutefois plein de suspense, avec 30% d’indécis.
Après presque six ans de crise, l’Espagne 2.0 pourrait commencer à délaisser les deux formations au pouvoir depuis 30 ans pour l’antilibéral Podemos, allié du parti grec Syriza, ou Ciudadanos, de centre-droit, deux formations fondées par des trentenaires, le professeur de sciences politiques Pablo Iglesias et l’avocat Albert Rivera.
Treize parlements et 8122 mairies en jeu
Les 35 millions d’électeurs doivent renouveler 13 des 17 parlements régionaux, dans un pays où les pouvoirs des régions sont très importants, en particulier en matière d’éducation et de santé. L’hégémonie de la droite y est forte: elle tient 13 communautés autonomes.
Les électeurs devront aussi choisir 8122 maires, à commencer par ceux de Madrid, Barcelone et Valence, les trois plus grandes villes, dirigées par le parti populaire (Madrid et Valence) ou des nationalistes conservateurs (Barcelone).
Ces élections interviennent après une crise ayant entraîné des traumatismes qui n’ont pas encore pu être soignés par la reprise amorcée en 2014 ( 1,4%). Des milliers de jeunes ont émigré pour fuir le chômage touchant la moitié d’entre eux et encore 23,7% de la population active. Le tout dans un climat délétère alimenté par d’innombrables affaires de corruption en pleine cure d’austérité.
Selon les derniers sondages, les deux grands partis seront forcés de nouer des alliances dans 12 régions pour gouverner. Le scénario est identique pour les municipales où les plates-formes citoyennes, notamment issues du mouvement des indignés», sont nombreuses, avec deux belles confrontations à Madrid et Barcelone.
(ats/Newsnet)




