Des manifestations hostiles au président burundais Pierre Nkurunziza ont repris ce lundi matin 25 mai dans plusieurs quartiers de Bujumbura, a constaté un journaliste sur place. Elles sont intervenues après l’assassinat samedi d’une figure du mouvement d’opposition, qui a remis en cause une trêve.
A Cibitoke (nord), plusieurs centaines de jeunes défilaient en dansant et chantant des slogans anti-Nkurunziza. Ils tournaient en boucle dans les rues de Cibitoke et du quartier voisin de Mutakura.
Les routes principales étaient jonchées de barricades de fortune faites de troncs d’arbre parfois calcinés et encore fumant.
Peu de policiers sur place
Les rassemblements ont débuté dès l’aube, selon les manifestants. «On a commencé à barrer la route à 4h du matin à cause de l’assassinat de Zedi Feruzi», a expliqué un manifestant. Cet opposant et figure du mouvement anti-troisième mandat avait été abattu samedi soir avec son garde du corps.
Aucun affrontement ni tension particulière n’était à signaler avec les forces de l’ordre, policiers ou militaires, dont très peu étaient visibles à l’intérieur même du quartier.
Les policiers étaient positionnés aux entrées de Cibitoke, des fils barbelés étaient déroulés par endroits au milieu de la route, pour empêcher d’aller vers le quartier voisin de Ngagara. Ce quartier, où Zedi Feruzi a été assassiné samedi soir, était totalement bouclé par les forces de l’ordre et désert de tout manifestant.
Appel lancé auparavant
Des manifestations ont également été signalées dans d’autres quartiers, à Kanyosha et Nyakabiga, ainsi qu’à Kinama, plutôt épargné par la contestation jusqu’à présent.
Dans le centre-ville de Bujumbura, la situation était relativement normale, avec quelques magasins ouverts, mais une activité légèrement moindre qu’à l’accoutumée.
Le mouvement contre un troisième mandat du président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005 et candidat à la présidentielle du 26 juin, avait appelé à une reprise des manifestations avec encore plus de «vigueur» ce lundi, après un week-end de trêve endeuillé par l’assassinat de Zedi Feruzi.
(ats/Newsnet)




