Nicolas Sarkozy peut souffler un peu avant le congrès fondateur de son futur parti qui se tiendra samedi à Paris. Le Tribunal de grande instance de la capitale française l’a autorisé, mardi, à intituler «Les Républicains» cette nouvelle formation. Pas si nouvelle que cela d’ailleurs, car il ne s’agit en fait que de restaurer la façade de l’UMP, mouvement dont Nicolas Sarkozy a pris la présidence fin novembre.
Quatre partis et associations de gauche avaient saisi la justice pour empêcher ce changement de nom, arguant que la République n’appartient pas à une faction mais à l’ensemble des Français. Le tribunal parisien devait statuer en urgence, sur la forme et non sur le fond de la question. Les juges ont estimé que cette dénomination ne provoquait ni «trouble manifestement illicite» ni «dommage imminent». Les opposants interjetteront appel. Mais la seconde instance n’aura vraisemblablement pas le temps de statuer avant le congrès de samedi.
Vote électronique jeudi et vendredi
Les adhérents de l’UMP seront invités à voter électroniquement pour ou contre cette modification d’étiquette, jeudi et vendredi. Un refus de leur part constituerait une surprise de taille.
C’est le publicitaire Olivier Aubert qui a soufflé «Les Républicains» à l’oreille de Nicolas Sarkozy. Celui-ci voulait changer la dénomination actuelle pour plusieurs raisons. L’UMP a sombré dans le ridicule sous la direction contestée de Jean-François Copé; de nombreuses affaires judiciaires, des querelles internes en série sont liées à ce nom et Marine Le Pen a fait un tabac en liant le Parti socialiste à celui de la droite sous le sigle «UMPS». Il fallait donc se débarrasser de cette raison sociale qui rappelle plus l’échec que la conquête. Enfin, le président de l’UMP estime que les sigles et acronymes font vieillot à l’heure des réseaux sociaux.
Devancé par Alain Juppé
Le changement de flacon annonce-t-il la modification du contenu? Rien n’est moins sûr. Au fil de ses sept changements de dénomination, le parti gaulliste est demeuré ce qui a toujours fait sa raison d’être: une écurie présidentielle. D’abord, au service du Général, puis de Jacques Chirac et enfin de Nicolas Sarkozy première manière.
Toutefois, par rapport à ces époques, un changement de taille est intervenu dans cette mouvance. La candidature de son patron à la présidence de la République ne va plus de soi. En effet, Nicolas Sarkozy devra en découdre lors de primaires (en novembre 2016) avec Alain Juppé, François Fillon et autres «chapeaux à plumes» de cette formation. Or, samedi dernier pour la première fois, Alain Juppé a dépassé Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote à cette primaire, d’après un sondage publié par Le Parisien. Dès lors, les actions de Nicolas Sarkozy à la tête de cette formation seront examinées très soigneusement par ses concurrents. Le moindre faux pas risque de lui être fatal, quel que soit le nom de son parti.
(TDG.ch)




