France: Claude Guéant sera jugé pour détournement de fonds

 

 

L’ex-directeur général de la police nationale Michel Gaudin est également cité à comparaître dans cette affaire. Les faits reprochés à ces deux proches de Nicolas Sarkozy remontent à 2002-2004. Claude Guéant était alors directeur de cabinet de M. Sarkozy au ministère de l’Intérieur. Il devra répondre de complicité et recel de détournement de fonds publics. Il est accusé d’avoir perçu quelque 10’000 euros mensuels non déclarés durant cette période.

Michel Gaudin a été renvoyé de son côté pour détournement. Il était chargé au moment des faits des fonds ayant servi à verser les primes incriminées.

M. Guéant avait lui-même affirmé avoir touché des primes en liquide pour s’expliquer sur des factures payées en espèces et retrouvées à son domicile, lors d’une perquisition dans le cadre d’une autre enquête portant sur le financement de la campagne présidentielle victorieuse de M. Sarkozy en 2007.

Trois préfets sont également cités, tous trois pour «recel de détournement de fonds publics». Les audiences auront lieu les 27 et 28 septembre et les 1er et 7 octobre.

«Comme un voleur de mobylette»

L’avocat de Claude Guéant, Philippe Bouchez-El Ghozi, a regretté que celui-ci soit renvoyé en correctionnelle «à la va-vite (…) comme un voleur de mobylette (…) alors qu’il y a eu quand même deux ans d’enquête préliminaire, que mon client n’a été entendu qu’une seule fois en deux années».

«On veut juger des pratiques qui ont eu lieu pendant 70 ans et ont concerné des milliers de fonctionnaires», a-t-il ajouté, en rappelant que les faits étaient «très anciens». L’avocat s’est en outre interrogé sur le «calendrier» et la procédure.

«Je ne vois pas ce qui justifiait, deux mois avant les échéances électorales (régionales, ndlr) du mois de décembre, de se précipiter pour renvoyer un dossier où on nous a privé du contradictoire en ne désignant pas un juge d’instruction qui nous aurait permis de nous défendre en amont», a-t-il dit.

Claude Guéant est par ailleurs mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale dans une enquête sur l’origine de 500’000 euros versés sur son compte, somme qu’il avait justifiée par la vente de tableaux d’un peintre flamand à un avocat malaisien.

(ats/Newsnet)