Italie: Elections en forme de test pour Renzi

 

Le chef du gouvernement Matteo Renzi teste sa popularité avec ce scrutin, alors que Silvio Berlusconi joue sa survie politique.

A 19h00, le taux de participation était de près de 50 % pour les municipales et de 34 % à 42 % pour les régionales, quelques points de pourcentage de plus que lors des scrutins similaires de 2010. Mais beaucoup de ces élections avaient lieu alors sur deux jours.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 dans sept des 20 régions du pays – la Vénétie, la Ligurie, la Toscane, les Marches, l’Ombrie, la Campanie et les Pouilles – et dans près de 750 communes.

Le vote était prévu jusqu’à 23h00 et les premiers résultats sont attendus lundi matin. Le scrutin se poursuivra toutefois lundi dans les communes concernées en Sicile et se prolongera si nécessaire par un second tour le 14 juin pour les municipales et éventuellement le gouverneur de Toscane.

Partis divisés

Cette bataille électorale est la première d’importance depuis les élections européennes remportées haut la main il y a un an par le Parti démocrate (PD, gauche) de Matteo Renzi avec 40,1% des voix.

Même s’il a martelé samedi que ces élections locales n’avaient qu’«une valeur locale», le jeune chef du gouvernement verra son aura pâlir en cas de résultat mitigé. Il est engagé dans un vaste programme de réformes menées parfois même contre l’aile gauche de son parti.

Les instituts italiens de sondage, dont la fiabilité est parfois mise en défaut, prédisent que la formation de Matteo Renzi devrait rester de loin le premier parti d’Italie. Mais il sera difficile de tirer les conclusions d’un scrutin qui a lieu dans une grande confusion.

Le PD se présente divisé en Ligurie face à une droite unie derrière un candidat soutenu par Forza Italia et par le parti anti-euro et anti-immigrés de la Ligue du Nord. Mais la Ligue a elle aussi un candidat dissident en Vénétie, tout comme Forza Italia dans les Pouilles.

PD à la tête de cinq des sept régions du scrutin

A l’heure actuelle, cinq des sept régions en lice sont gouvernées par la gauche (mais le gouverneur sortant des Marches est désormais le candidat de la droite), la Vénétie est dirigée par la Ligue et la Campanie par Forza Italia.

Au-delà des spéculations sur le «score» possible de M. Renzi (6 régions à 1 serait un succès, 4 à 3 un échec), la fin de la campagne a surtout été marquée par la décision vendredi d’une commission parlementaire anti-mafia d’inscrire sur sa liste consultative d’«imprésentables» Vincenzo De Luca, candidat du PD au poste de gouverneur de la Campanie, la région de Naples.

Il a été condamné en première instance pour abus de pouvoir et il doit être jugé à partir de juin pour d’autres délits (fraudes, associations de malfaiteurs, abus de pouvoir).

Forza Italia ou Ligue du Nord à droite

Derrière le Parti démocrate, l’opposition mesurera ses forces, en particulier le Mouvement 5 étoiles (M5S) de l’ex-comique Beppe Grillo, qui avait raflé 25% des voix aux législatives de 2013 mais n’a pas réussi à peser depuis sur la vie politique.

Les regards se porteront surtout sur les scores de Forza Italia et de la Ligue du Nord. Ils se disputent à plus long terme l’hégémonie à droite, alors que la réforme électorale récemment adoptée pour les prochaines législatives devrait pousser l’Italie vers le bipartisme.

Pour M. Berlusconi, dont le parti Forza Italia est en pleine déliquescence, ce scrutin est l’une des dernières occasions de montrer qu’à 78 ans, il peut encore peser sur la vie politique du pays.

Mais l’ex-Cavaliere a terminé vendredi sa campagne par une bourde, en se rendant au meeting de l’adversaire de sa candidate dans une commune de l’agglomération milanaise.

(ats)