Six personnes ont été interrogées mercredi dans le cadre de l’enquête sur des sondages et des prestations de communication commandés par l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Leurs gardes à vue ont toutefois été levées.
Les six personnes ont été relâchées sans être déférées devant le magistrat instructeur, ont indiqué des sources proches du dossier. «Il n’y a pas de mise en examen» à ce stade des investigations, a confirmé l’avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez el-Ghozi, qui s’exprimait pour son client.
Parmi les gardés à vue figuraient aussi Xavier Musca, ancien secrétaire général de la présidence et l’ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, Emmanuelle Mignon. Xavier Musca est actuellement directeur général délégué de Crédit agricole SA.
Une information judiciaire a été ouverte pour favoritisme et détournement de fonds publics dans cette affaire à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile de l’association Anticor.
Les études ont «disparu»
Le plaignant estime qu’une bonne partie des sondages commandés par la société de Patrick Buisson Publifact, de 2007 à 2009, n’avaient pas d’intérêt public lié à la fonction présidentielle. Sur la période 2010-2012, Anticor estime que certains sondages réalisés après appels d’offres ne relevaient pas non plus de la fonction présidentielle.
Sont également visés par leur plainte des contrats de prestations en communication passés entre 2007 et 2012 entre l’Elysée et les sociétés de Pierre Giacometti et de Patrick Buisson, tous deux conseillers et amis de Nicolas Sarkozy, soupçonnés d’avoir bénéficié de favoritisme.
Selon Mediapart, toutes les études effectuées entre 2010 et 2012 ont «disparu». D’où un élargissement de l’enquête à des faits de détournement et destruction d’archives publiques début octobre 2014.
(ats)



