Londres: Les sans-abri menacés de très grosses amendes

 

Un nouvel arrêté municipal controversé prévoit la possibilité d’infliger des amendes aux sans-abri de Londres. Ce n’est pourtant pas dans un quartier chic de la capitale britannique que cette mesure a été prise mais à Hackney, zone populaire du nord de la ville qui avait été le théâtre d’émeutes en 2011 à la suite de la mort d’un jeune noir tué par la police.

Selon cet ordre de protection de l’espace public (PSPO), en vigueur depuis la fin mai, la police ou les officiers municipaux peuvent demander à toute personne de cesser de «mendier, de boire de l’alcool, d’avoir des comportements antisociaux, de mal utiliser les toilettes publiques, de dormir dans la rue, d’uriner ou de déféquer dans un espace public ou d’avoir un chien sans laisse causant des nuisances».

Le contrevenants risquent ainsi une amende de 100 livres (145 fr.), somme qui pourra être portée jusqu’à 1000 livres par un tribunal, en cas de non paiement.

Levée de boucliers

Une pétition en ligne contre cet arrêté pour dénoncer la «criminalisation des sans-abri d’Hackney» comptait mercredi après-midi plus de 17’000 signatures, chiffre qui enflait de minute en minute de manière spectaculaire.

«Les gens ne devraient pas être punis pour le crime de ne pas avoir un toit au-dessus de leur tête», dénoncent les auteurs ce texte, jugeant «absurde d’infliger une amende de 1000 livres à un SDF».

«Seulement si la sécurité est affectée»

«Cet arrêté ne sera appliqué qu’en dernier ressort et ne sera utilisé que pour ceux qui continuent de dormir dans la rue et font partie de ceux qui ont un comportement antisocial persistant qui affecte la sécurité et le bien-être des habitants», a tenu à préciser sur le site internet de l’arrondissement d’Hackney la maire adjointe, Sophie Linden. Créés en 2014, les PSPO, valables trois ans, visent à donner davantage de pouvoir aux mairies pour lutter contre les comportements antisociaux.

Précédent scandale anti-SDF

En juin 2014, des piques anti-SDF installées devant l’entrée d’un immeuble de Southwark, dans le sud de Londres avaient fait scandale. Le maire conservateur de Londres, Boris Johnson, avait demandé leur retrait.

A Londres, on compte 1,37 ménage sans domicile fixe pour 1000 ménages logés, selon les dernières statistiques gouvernementales. Entre octobre et décembre 2014, 4690 ménages ont été enregistrés comme étant SDF, un chiffre en hausse de 8% par rapport à la même période en 2013.

(afp)