Etat islamique en Syrie: L’EI aux portes de Hassaké

 

Commencée le 30 mai, la bataille pour Hassaké se poursuivait jeudi à la périphérie sud et sud-est de la ville, limitrophes des quartiers tenus par le régime syrien, selon l’Organisation syrienne des droits de l’homme (OSDH) et des militants. D’après l’OSDH, l’EI a dépêché il y a quelques jours plus de 400 djihadistes de Deir Ezzor (est) vers Hassaké.

Le régime a également fait état de l’envoi de renforts. L’EI ne se trouve plus qu’à 500 mètres de cette ville. Le contrôle de Hassaké est partagé entre le régime de Bachar al-Assad et les forces kurdes, selon OSDH, une organisation basée à Londres et proche de l’opposition syrienne.

La chute de la ville donnerait à l’EI le contrôle d’une deuxième capitale provinciale en Syrie après Raqa (nord), son principal bastion dans ce pays ravagé par quatre ans de guerre. Elle serait également le troisième chef-lieu d’une province à échapper au régime, la ville d’Idleb (nord-ouest) étant aux mains d’Al-Qaïda et de rebelles depuis le 28 mars.

Le quotidien syrien Al-Watan, proche du régime, a critiqué le manque d’implication des forces kurdes dans la bataille. Il s’est dit «surpris de la faiblesse de certains frères kurdes» pour défendre Hassaké.

Quatorze civils tués

Dans le nord du pays, de nouveaux raids aériens du régime ont tué 14 civils dans deux localités de la province d’Alep, contrôlée en majorité par les rebelles. La moitié des morts sont des enfants, dont quatre petits frères, selon l’OSDH.

Les ONG internationales dénoncent régulièrement le largage de barils d’explosifs par le régime de Bachar al-Assad. Ce dernier dément recourir à cette arme destructrice et aveugle. D’après l’OSDH, le régime veut punir les civils résidant dans les zones rebelles.

Visite du ministre de la défense

Le ministre syrien de la défense, le général Fahad Djassim al Freidj, s’est rendu jeudi auprès des soldats gouvernementaux près de Homs, rapporte la télévision publique syrienne. Cette ville se trouve à 150 km à l’ouest de la ville de Palmyre tombée le mois dernier aux mains des djihadistes de l’EI.

Egalement numéro deux des forces armées, le ministre a dit sa certitude que les troupes gouvernementales sauront défendre la Syrie face «au terrorisme et à ses soutiens».

Camions bombes

En Irak, des responsables ont affirmé qu’une frappe de la coalition internationale avait détruit mercredi à Hawija (225 km au nord de Bagdad) l’un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées de l’EI. La coalition a confirmé le raid, mais pas la cible.

Selon Reuters jeudi soir, un quartier entier de la ville d’Hawija a été détruit par un raid aérien mené par la coalition anti-Daech sous commandement américain. Des dizaines de personnes dont des civils ont été tuées, rapportent des témoins et une source au sein des services de sécurité.

L’attaque menée mardi soir visait une installation utilisée par l’Etat islamique pour fabriquer des bombes. La première frappe a provoqué une série d’explosions en chaîne qui ont détruit tous les environs de ce quartier industriel. Des habitants et des services de sécurité ont fait état d’un bilan d’environ 70 tués.

L’EI a de plus en plus recours à ces «camions bombes», bourrés de tonnes d’explosifs, dans ses offensives en Irak qui lui ont notamment permis en mai de prendre Ramadi, capitale de la province d’Al-Anbar (ouest). Alors que les forces irakiennes, soutenues par des milices chiites et des tribus sunnites, tardent à lancer leur contre-offensive pour reprendre Ramadi, le Premier ministre Haider al-Abadi a admis qu’entrer dans la ville était risqué à cause de ces «camions bombes».

Bruxelles débloque des millions

Sur le front diplomatique, l’opposition en exil a rencontré jeudi à Istanbul le médiateur de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

La Commission européenne a pour sa part annoncé jeudi qu’elle débloquait 25 millions d’euros supplémentaires pour l’aide humanitaire aux victimes du conflit en Irak. L’ONU estime les besoins à un demi-milliard de dollars et avait lancé un appel aux dons.

«Ceci aidera les déplacés dans le pays, y compris ceux qui ont récemment fui les combats à Ramadi dans la province d’Al-d’Anbar, avec de l’eau, de la nourriture, des sanitaires, des abris, du matériel et des soins médicaux», a indiqué la Commission dans un communiqué.

(ats)