Grèce: Les leaders de l’UE perdent patience face à Tsipras

 

«Alexis Tsipras m’avait promis que d’ici jeudi, il me présenterait une proposition alternative. Je ne l’ai jamais reçue.» Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé hier le désappointement des leaders européens face à l’attitude du gouvernement grec, avec qui il négocie depuis des mois, aux côtés du FMI et de la Banque centrale européenne, pour réformer le pays et lui faire rembourser sa dette.

De leurs côtés, les dirigeants grecs ont très mal reçu les dernières propositions émanant de Bruxelles. Hier, dans les colonnes du journal grec Proto Thema, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, les jugeait «limite insultantes». Le premier ministre Alexis Tsipras, coincé entre les exigences des institutions et les promesses antiaustérité faites à ses électeurs, s’est entretenu samedi soir avec le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, au G7 en Bavière. Le duo franco-allemand s’est impliqué directement dans le dossier ces derniers jours afin d’éviter un défaut de paiement de la Grèce qui pourrait conduire à une sortie de la zone euro. Un scénario catastrophe pour beaucoup.

«J’exclus la possibilité d’un «Grexit» parce que je n’en veux pas», a martelé le président de la Commission. «L’Union européenne est prête à aller très loin pour trouver un compromis», a par ailleurs assuré dans un entretien au journal allemand Welt am Sonntag le président du Parlement européen, Martin Schulz. «Le gouvernement grec aurait tort de refuser la main tendue», a-t-il ajouté.

De toute évidence, les leaders européens perdent patience face aux refus grecs de se plier aux conditions des créanciers. Ils craignent de plus en plus un défaut de paiement et une sortie de la Grèce de l’UE. Personne n’en veut, mais la probabilité d’un tel scénario augmente un peu plus, chaque jour. Chaque fois qu’un accord et une échéance de paiement sont repoussés.

(24 heures)