Sommet du G7: Le ton monte contre Poutine, le grand absent

 

Dans le décor idyllique des Alpes bavaroises et sous un soleil resplendissant, Angela Merkel et Barack Obaman’ont pas évoqué la question épineuse de «l’espionnage entre amis». Ils ne voulaient surtout pas gâcher un si beau week-end à 1200 mètres d’altitude avec des sujets qui pourraient briser une si belle harmonie. Les Etats-Unis restent «un partenaire essentiel», a résumé Angela Merkel dans son message d’accueil au président américain, sans jamais parler une seule fois des affaires qui éclaboussent leurs services de renseignements respectifs (espionnage d’entreprises et de responsables politiques européens, mise sur écoute du téléphone portable de la chancelière, etc.).

«Nous voulons coopérer avec les Etats-Unis parce que nous y avons intérêt réciproquement et que nous défendons les mêmes valeurs», a insisté Angela Merkel. «Nous fêtons aujourd’hui l’une des plus fortes alliances que le monde ait jamais connues», lui a répondu Obama en partageant avec elle du boudin blanc et une bière blanche sans alcool.

En revanche, tous deux sont bien décidés à maintenir voire à faire monter la pression sur la Russie. Angela Merkel s’est alignée sur les Etats-Unis sur «l’agression russe contre l’Ukraine». Barack Obama souhaite que ce G7 résonne comme une mise en garde au président russe,Vladimir Poutine, exclu depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, le G8 se transformant en G7.

Tant que les accords de Minsk (arrêt des combats, retrait des armes lourdes) et la souveraineté de l’Ukraine ne seront pas respectés, les sanctions seront maintenues, ont répété Merkel et Obama. Avant l’ouverture du sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé lui aussi à faire preuve d’unité sur la politique de sanctions. «La Russie n’est pas ici et ne sera pas invitée plus tard tant qu’elle se conduira d’une manière agressive contre l’Ukraine et d’autres pays», a-t-il déclaré.

En dehors du conflit ukrainien, les sept chefs d’Etat et de gouvernement veulent évoquer à Elmau les problèmes du réchauffement climatique, de la lutte contre le terrorisme, l’OTAN, le traité TTIP (traité de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis) et la lutte contre la pauvreté.

Plus de 20 000 policiers ont été mobilisés pour ce sommet. Plusieurs opposants au G7 ainsi que sept policiers ont été blessés samedi dans des affrontements avec les forces de l’ordre, qui sont intervenues avec des gaz lacrymogènes. Mis à part quelques incidents, samedi, le mouvement de protestations s’est déroulé sans débordements.

Hier, une cinquantaine d’opposants a réussi à bloquer la route vers Elmau par des sit-in. Plusieurs dirigeants sont arrivés par hélicoptère de l’aéroport de Munich (à 130 km) sur la plate-forme d’atterrissage spécialement construite devant le château pour ce sommet qui se termine aujourd’hui.

(24 heures)