L’avion pour la Ligue des Champions fragilise Valls

 

Le premier ministre français Manuel Valls est dans la tourmente après son déplacement à Berlin à bord d’un avion gouvernemental pour assister avec deux de ses fils à la finale de football de la Ligue des champions. Mercredi, le président de l’UEFA Michel Platini a confirmé avoir invité le chef du gouvernement.

Depuis ce week-end, la polémique ne cesse d’enfler autour de ce voyage en Falcon qui écorne l’image d’homme intègre, un brin austère, dont Manuel Valls bénéficiait jusqu’à présent, et tombe mal dans une France en crise.

Au total, le déplacement a coûté entre 12 et 15’000 euros selon une source gouvernementale.

Il était «officiel», martèle le gouvernement. Manuel Valls a assisté au triomphe du Barça samedi soir sur invitation du président de l’UEFA Michel Platini, avec qui il a discuté avant le match de l’organisation de l’Euro-2016 de football par la France.

Soutien par Bartolone

Le président François Hollande et le président de l’UEFA, qui se sont vus mercredi à l’Elysée, ont confirmé cette invitation. «C’est une polémique franco-française qui ne concerne pas l’UEFA», a commenté Michel Platini.

Mais le fait que le premier ministre soit un supporteur déclaré du FC Barcelone – sa ville natale – et la présence de ses fils, révélée mardi, ont ajouté au doute sur la nature du déplacement, qui ne figurait pas à son agenda officiel.

Lui-même a entretenu la confusion en évoquant sa «passion» pour le football et en revendiquant le droit à des «moments de détente», eu égard à sa lourde charge de travail.

Mercredi, le président socialiste de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a tenu une défense ambiguë, évoquant pêle-mêle le «devoir» du Premier ministre d’être «aux côtés du mouvement sportif» et la «tentation» du «père Premier ministre» «qui ne doit pas voir ses enfants tous les jours».

Appel par Fillon

Face à cette communication un peu brouillonne, qui contraste avec la grande maîtrise affichée d’ordinaire par le chef du gouvernement, la presse se montre sévère.

L’opposition de droite s’est elle démultipliée pour railler un premier ministre «sans lien avec la réalité» et pour lui demander de mettre la main au portefeuille.

«Je demande qu’il paye son billet, c’est la règle», a déclaré l’ancien premier ministre de droite François Fillon sur la chaîne BFMTV.

(ats/Newsnet)