Le fondateur de WikiLeaks a appelé mercredi Paris à réagir après les révélations d’espionnage pratiqué par les Etats-Unis, promettant de nouvelles informations «plus importantes».
«Les intérêts économiques et politiques de la France sont en jeu, sa souveraineté ne peut pas être piétinée, ce serait vraiment une honte», a estimé sur la chaîne privée TF1 le fondateur du site lanceur d’alertes, estimant que «le moment est venu pour la France» de lancer une enquête parlementaire et entamer des poursuites.
Julian Assange estime en outre que «les puissances mondiales sont en train de regarder quelle sera la réaction de la France. Si c’est la politique de l’autruche, à ce moment là ce sera un signal clair pour les Etats-Unis et pour d’autres pays comme la Russie et la Chine», a-t-il dit.
Le plus important est «à venir»
Interrogé depuis l’ambassade d’Equateur à Londres où il est réfugié depuis trois ans, M. Assange a affirmé que «les documents les plus importants restent à venir» après la publication par deux médias français de documents WikiLeaks révélant l’espionnage par les Etats-Unis des trois derniers présidents français.
«Nous avons d’autres informations qui vont sortir le moment venu. D’un point de vue politique, ce qui va sortir sera beaucoup plus important que ce que nous avons publié jusqu’à maintenant», a-t-il affirmé.
Plus tôt dans la journée, le président François Hollande a jugé «inadmissible» l’écoute des conversations de trois chefs d’Etat français par les services de renseignement américains.
Dans un entretien téléphonique avec M. Hollande, le président américain a réaffirmé «sans ambiguïté» son engagement à «en terminer avec des pratiques du passé (…) inacceptables entre alliés», selon la présidence française.
Portable de Merkel
Fin 2013, Barack Obama s’était engagé à ce qu’il n’y ait pas d’écoutes de présidents ou de chefs de gouvernement de pays amis ou alliés, après des révélations sur l’ampleur du système de surveillance américain. Des documents transmis par l’ancien consultant de l’agence d’écoutes NSA Edward Snowden, aujourd’hui réfugié en Russie, avaient montré que même la chancelière allemande Angela Merkel avait été ciblée.
François Hollande (gauche) et ses deux prédécesseurs de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012) et Jacques Chirac (1995-2007) ont été visés par ces écoutes, selon d’autres documents obtenus par Wikileaks et publiés mardi soir par deux médias français.
(afp)



