Il y aura une année demain que les Israéliens, excédés par les tirs de roquettes du Hamas sur leur territoire, lançaient l’opération Bordure protectrice contre la bande de Gaza. En cinquante jours d’une guerre asymétrique entre la plus puissante armée du Proche-Orient et les combattants palestiniens, le conflit sèmera la mort et la désolation. Côté palestinien, ce troisième affrontement en six ans avec Tsahal fera 2251 tués, dont 551 enfants, plus de 10 000 blessés et quelque 100 000 sans abris. Côté israélien, 73 personnes trouveront la mort, dont 67 soldats.
Une année après le conflit, et alors qu’un cessez-le-feu précaire prévaut entre Israël et les forces du Hamas, la situation du petit territoire des bords de la Méditerranée reste dramatique. De fait, tous les voyants y sont au rouge.
Indispensable aide alimentaire
Sur le plan humanitaire, d’abord, la situation des Gazaouis est dramatique. Près de la moitié du 1,8 million d’habitants dépend de l’aide alimentaire de l’ONU, les perspectives économiques sont nulles, la reconstruction étant toujours en panne du fait du blocus très strict maintenu par Israël et l’Egypte.
«Sans une robuste initiative politique, le pire est à craindre», nous disait il y a trois semaines Pierre Krähenbühl, le «patron» suisse de l’UNRWA, l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens au Proche-Orient, lors d’une visite dans la bande de Gaza.
Nouvelles menaces
Mais aux grandes difficultés humanitaires et économiques se sont ajoutées ces derniers mois de nouvelles menaces.
La première est celle que l’Etat islamique (EI, Daech en arabe) fait désormais peser sur le Hamas lui-même, maître jusqu’ici incontesté de Gaza. Implanté dans le Sinaï voisin, l’EI cherche à prendre pied dans la bande de Gaza, profitant de la situation catastrophique qui y règne. Ces derniers mois, plusieurs attentats et tirs de roquettes depuis Gaza vers Israël ont été attribués aux partisans de Daech auxquels le Hamas ferait une chasse sans merci.
Face à cette menace de déstabilisation, le Hamas et Israël auraient entamé des négociations secrètes pour établir une trêve durable. Mais les provocations de plus en plus fréquentes des djihadistes affiliés à Daech pourraient tout faire capoter.
Accusés de crimes de guerre
Enfin, comme si cela ne suffisait pas, Israël et le Hamas sont accusés d’avoir commis des crimes de guerre durant le conflit de l’an dernier. Le 3 juillet, à une écrasante majorité, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a appelé à juger tous les responsables de ces crimes.
Pas de doute, la situation à Gaza est plus que préoccupante. (24 heures)



