Philippines: Envie de râler? Ce cliché remet les idées en place

 

En rentrant chez elle un soir de juin, Joyce Torrefranca, étudiante en médecine à Mandaue, a fait une rencontre nocturne qui a changé sa vie. Au coin d’une rue, la jeune femme est tombée sur Daniel Cabrera, un enfant qui rêve de devenir médecin ou policier. Installé derrière un bureau improvisé, le garçonnet était occupé à faire ses devoirs, éclairé par la lumière du McDo juste à côté.

Touchée par ce qu’elle voyait, la jeune femme a immortalisé la scène et posté le cliché sur les réseaux sociaux, raconte le «Daily Mail». Selon le site Rappler, Daniel, 9 ans va à l’école primaire à Mandaue. Le jeune garçon vivrait avec sa maman et son frère cadet dans un petit stand de nourriture sans murs. Son papa est décédé et sa maison a brûlé. Malgré ce tableau digne des films les plus dramatiques, Daniel s’accroche à ses études et s’installe régulièrement à l’angle de ces deux rues pour travailler.

«Si ce gamin peut le faire, pourquoi pas nous?»

La photo publiée par Joyce a provoqué une vague de réaction sur le web. Les internautes se disent émerveillés et bouleversés par la persévérance et le courage dont fait preuve l’enfant. «Je ne pensais pas qu’une simple photo pourrait faire une grande différence. Merci à vous de l’avoir partagée», a commenté la jeune femme sur Facebook.

Giomen Probert Ladra Alayon, également étudiant en médecine, a eu l’occasion de converser avec le jeune garçon. «Si ce gamin peut le faire, pourquoi pas nous? Pourquoi devons-nous aller dans des coffee shops, des centres d’étude, etc, si étudier requiert seulement du matériel et le pouvoir de notre propre volonté?», s’interroge-t-il. Une page a été créée sur internet dans l’espoir de réunir 50’000 pesos philippins (1000 francs) pour aider le petit Daniel à poursuivre des études. L’objectif a été atteint en quelques jours.

«Daniel persévère parce qu’il sait ce que ça fait de n’avoir rien. Nous devrions apprendre de lui. Les plus grandes leçons ne viennent pas des personnes connues mais des gens simples. (…) Je suis sûr qu’il deviendra quelqu’un, un jour!», espère l’étudiant philippin.

(joc)