Un pilote ne doit désormais plus être laissé seul dans un cockpit, a recommandé vendredi 17 juillet l’Agence européenne de sécurité aérienne dans un rapport sur le crash en mars du vol de Germanwings. Une «évaluation psychologique» des pilotes est nécessaire avant leur embauche.
L’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) a été chargée par la Commission européenne de repérer les failles ayant permis au copilote d’écraser volontairement l’avion dans les Alpes françaises fin mars. Elle recommande également que les contrôles annuels inopinés des pilotes professionnels intègrent des contrôles d’alcool et de drogue.
La présence permanente de deux personnes dans le cockpit des avions de ligne, qui n’est pas imposée par les règles européennes, avait été préconisée par l’AESA après ce drame, mais à titre temporaire. L’agence recommande «le maintien» de cette règle, dans l’intervalle appliquée très largement par les compagnies européennes, à titre volontaire.
Il reviendra à la Commission européenne de décider si cette mesure, ainsi que toutes les autres recommandations de l’AESA, doivent être rendues contraignantes, a expliqué une source européenne.
Surveillance médicale
Selon le groupe d’experts de l’Agence, les autres améliorations à apporter concernent surtout les critères de surveillance médicale des pilotes.
Outre l’évaluation psychologique «de tous les pilotes de ligne», et la détection d’éventuelles consommations abusives d’alcool et de drogue, ils prônent encore le lancement d’un «réseau de surveillants médicaux» des pilotes et d’une banque de données sur leur suivi médical. «Il s’agit de faciliter le partage des informations» et de repérer d’éventuels problèmes de santé non déclarés, précise l’agence.
«Un effort particulier a été fait pour arriver à l’équilibre» dans ces recommandations «entre le secret médical et la sécurité», se prévaut l’agence. La commissaire européenne aux Transports Violeta Bulc s’est félicitée des conclusions du rapport.
Plus d’une centaine de tués
«Si des améliorations doivent être apportées à la sécurité européenne et aux règles de sécurité ou dans leur mise en œuvre, afin d’aider à empêcher des accidents et autres incidents à l’avenir, nous prendrons les mesures nécessaires au niveau de l’Union européenne», a promis Violeta Bulc.
Cent cinquante personnes sont décédées lors de l’accident de l’A320 de Germanwings, filiale à bas coût du groupe allemand Lufthansa. Selon les enquêteurs, l’appareil a été précipité au sol par son copilote allemand qui s’était enfermé seul dans le cockpit. Il avait souffert dans le passé de graves troubles psychologiques.
(afp/Newsnet)



