France: La victoire de Jean-Marie Le Pen fragilise encore le FN

 

Et de trois! Jean-Marie Le Pen, évincé du Front national, vient de remporter une troisième bataille judiciaire dans le conflit qui l’oppose à sa fille et présidente du parti, Marine Le Pen. La Cour d’appel de Versailles a confirmé mardi la décision du Tribunal de Nanterre, prise le 8 juillet, de suspendre le congrès du FN censé supprimer le statut de président d’honneur de Jean-Marie Le Pen. Selon la procédure qu’avaient mise en place les dirigeants du parti, les adhérents devaient se prononcer par voie postale. Or le tribunal de Nanterre tout comme la Cour d’appel hier ont jugé que le FN devait tenir un congrès physique. Le 2 juillet, Jean-Marie Le Pen avait aussi réussi à faire annuler sa suspension du parti en tant qu’adhérent.

Symboliquement, la décision de mardi est donc un nouveau coup dur pour le bureau exécutif du Front national, qui avait décidé le 4 mai de «tuer le père» pour ses dérapages répétés, en le suspendant à la fois du parti et de son titre de président d’honneur. Mais en s’attaquant aux détails de la procédure, le vieux loup de mer a su trouver la faille pour mener la vie dure à sa fille.

Politiquement, ce grand déballage familial est une catastrophe pour le FN. La mise à l’écart de Jean-Marie Le Pen a donné des ailes aux frondeurs du parti. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, terre du patriarche, cela bruisse de rumeurs sur l’apparition de listes dissidentes pour contrecarrer Marion Marchéchal-Le Pen, la nièce de Marine et candidate officielle pour les régionales de décembre. Début juillet, le plus fidèle lieutenant de Jean-Marie Le Pen dans cette région, Jean-Louis Bouguereau, avait été mis à l’écart par le «politburo» du FN pour avoir réclamé la démission du No 2 du parti, Florian Philippot.

Le nouveau succès en justice du patriarche pourrait donc bien réveiller encore un peu plus la vieille garde, tous ceux qui dénoncent la ligne «bleu marine» prise par la direction du parti. (24 heures)