John Kerry a réussi. Au terme d’une tournée au Moyen-Orient, qui l’a conduit en Egypte puis dans le golfe Persique, le secrétaire d’Etat américain est parvenu à convaincre les alliés arabes de l’Amérique de soutenir l’accord sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet dernier à Vienne.
La tâche du chef de la diplomatie de l’administration Obama n’était pas facile, tant les monarchies sunnites du Golfe craignent que la levée de l’embargo frappant l’Iran ne décuple les ambitions régionales de leur grand voisin chiite.
Argument massue
Mais lundi à Doha, où il participait à une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar), John Kerry a semble-t-il trouvé l’argument massue pour convaincre ses partenaires: accélérer leur armement.
«Nous sommes tombés d’accord pour accélérer certaines ventes d’armes qui sont nécessaires et qui ont pris trop de temps par le passé», a déclaré Kerry avant de quitter le Qatar.
Les Etats-Unis vont continuer leurs efforts visant à renforcer les systèmes de défense antimissiles des monarchies du Golfe, aider leurs marines à se mettre à niveau et enfin augmenter les exercices conjoints, a encore assuré John Kerry.
Ces propos rassurants faisaient suite à une autre décision prise juste après la signature de l’accord de Vienne et qui visait à calmer les inquiétudes de l’Arabie saoudite. L’administration Obama avait alors approuvé la vente à Riyad de missiles antimissile Patriot pour un montant de 5,4 milliards de dollars (on parle de 600 missiles) et de munitions pour un montant de 500 millions de dollars.
Forte présence américaine
Si l’Iran fait peur aux régimes sunnites de la région, l’inverse n’est pas à exclure, si l’on rappelle que les monarchies du Golfe sont déjà surarmées et que certaines d’entre elles, comme le Qatar, Bahreïn et les Emirats arabes unis, abritent des bases militaires américaines.
Cela dit, pour l’administration Obama, la bataille pour faire accepter le «deal» iranien se déplace maintenant sur la scène intérieure, où le Congrès doit se prononcer avant le 17 septembre. Pour la présidence, la tâche s’annonce rude. Hostiles à l’accord, les républicains – majoritaires dans les deux Chambres du Congrès – ont déjà fait savoir qu’ils s’y opposeraient. Si tel devait être le cas, Barack Obama sortirait alors l’arme absolue du veto présidentiel pour faire passer l’accord. (24 heures)



