Terrorisme: Le Mali sur la piste des preneurs d’otages

Dix civils ont été tués au cours d’une attaque menée par un commando armé dans le village de Gaberi, dans le nord du pays. Selon un porte-parole de l’armée, Souleymane Maïga, il est encore trop tôt pour dire s’il existe un lien entre cette attaque et l’assaut contre l’hôtel Byblos.

La prise d’otages de Sévaré est la dernière attaque en date de ce qui ressemble à une campagne organisée contre l’armée malienne et la mission de l’ONU dans le pays (Minusma) par des rebelles liés à Al Qaïda et des groupes islamistes plus récents.

L’assaut de l’établissement, qui accueille régulièrement des expatriés, s’est soldé dans la nuit de vendredi à samedi par la mort de «quatre soldats des Fama», les forces armées maliennes, «cinq contractuels de la Mission de l’ONU au Mali et quatre terroristes», a indiqué dimanche le gouvernement dans un bilan qu’il dit «définitif». Par ailleurs, huit soldats ont été blessés.

Front de libération du Macina

A ce jour, l’attaque n’a pas été revendiquée. Mais «de forts soupçons pèsent» sur le Front de libération du Macina (FLM), «un groupe terroriste qui tient à faire parler de lui par tous les moyens», a affirmé une source militaire malienne jointe à Sévaré depuis Bamako.

Le Macina est une appellation traditionnelle d’une partie du centre du Mali. Apparu début 2015, le FLM, qui recrute essentiellement dans la communauté peule et a revendiqué des attaques dans cette région, est un mouvement allié à Ansar Dine, un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda ayant contrôlé le nord du pays près de dix mois entre 2012 et début 2013.

L’agence privée mauritanienne Al-Akhbar, qui publie régulièrement des communiqués de djihadistes, a aussi affirmé dimanche que le FLM «pourrait être derrière l’attaque de Sévaré». Pour le journaliste et analyste malien Alexis Kalambry, l’attaque «porte la marque d’Iyad Ag Ghali», chef d’Ansar Dine.

Fragile accord de paix

Début 2013, une offensive conduite par l’armée française a repoussé les combattants djihadistes, qui avaient joint leurs forces à celles de la rébellion touareg pour s’emparer de vastes territoires dans le nord du Mali et menacer la capitale Bamako.

Depuis, les négociations entre les insurgés touaregs et le gouvernement ont débouché sur un fragile accord de paix, signé en juin, mais les miliciens islamistes n’ont pas participé à ce processus. Des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme à celui des forces étrangères.

(ats/Newsnet)