Longtemps mis sur la touche en raison de l’incontournable candidature à la Maison-Blanche de Hillary Clinton, le vice-président américain Joe Biden se retrouve soudainement au cœur des discussions dans le camp démocrate. Samedi, le bras droit de Barack Obama a déjeuné à Washington avec la sénatrice progressiste Elizabeth Warren. Cette rencontre a attisé les spéculations sur sa candidature à la présidentielle l’année prochaine.
Joe Biden ne dévoile pas ses ambitions pour l’instant, mais les signaux sur sa potentielle entrée en course se multiplient à Washington. Le mouvement «Draft Biden» («Engagez Biden») a vu sa liste de contacts gonfler de manière spectaculaire ces dernières semaines et contient désormais plus de 200 000 adresses e-mails. La levée de fonds s’est aussi rapidement accélérée et devrait permettre au mouvement de récolter entre 2,5 millions et 3 millions d’ici à la fin de septembre contre 79 000 dollars au trimestre précédent.
Ce net regain d’intérêt pour la candidature de Joe Biden s’explique par les difficultés croissantes de Hillary Clinton. Alors que l’investiture démocrate en 2016 lui semblait promise lors de son entrée en campagne en avril dernier, l’ancienne secrétaire d’Etat est en chute libre dans les sondages. Selon une enquête d’opinion de l’Université Quinnipiac publiée le 20 août, elle se fait battre largement par les républicains Jeb Bush et Marco Rubio en Floride, l’un des Etats clés sur la route de la Maison-Blanche. En Pennsylvanie et dans l’Ohio, deux autres Etats incontournables pour décrocher la présidence américaine, Hillary Clinton est aussi à la peine face à Bush et Rubio et ne domine que difficilement Donald Trump. Sans être en campagne, Joe Biden fait mieux que Hillary dans ces Etats.
Hillary Clinton continue à payer le prix des révélations sur son utilisation d’une adresse e-mail privée à l’époque où elle était secrétaire d’Etat de l’administration Obama. Sa cote de popularité est en berne. Selon le sondage Quinnipiac, 63% des électeurs de Pennsylvanie pensent qu’elle n’est ni honnête ni fiable. Une proportion similaire (61%) estime au contraire que Joe Biden, 72 ans, est honnête. Dans ce contexte, Hillary Clinton va interrompre ses vacances cette semaine pour participer à des meetings électoraux dans le Midwest. Quant à Joe Biden, il va continuer à étudier discrètement ses chances de succéder à Barack Obama l’année prochaine. (TDG)



