Grèce: Le nouveau gouvernement Tsipras prête serment

Le nouveau gouvernement grec d’Alexis Tsipras, dont la composition a été annoncée dans la nuit, a prêté serment mercredi. Le chef du gouvernement devait ensuite se rendre à Bruxelles pour le sommet européen.

Comme pour le premier gouvernement Tsipras en janvier, les ministres ont prêté serment en deux fois, dans les locaux de la présidence de la République. Un premier groupe a prêté serment sur l’Evangile, devant des dignitaires religieux orthodoxes. Le second, plus important, a prêté un serment civil au Président de la République Prokopis Pavlopoulos.

Au poste de ministre adjoint des finances est nommé Georges Chouliarakis, le principal négociateur de la Grèce pour la mise sur pied du troisième plan d’aide au pays, signé en juillet à Bruxelles, et ministre des finances sortant du précédent gouvernement par intérim. Le chef de l’Anel Panos Kammenos garde, lui, le ministère de la défense.

Le nouveau gouvernement issu des législatives de dimanche, les deuxièmes en huit mois, au cours desquelles la gauche radicale Syriza l’a à nouveau emporté, compte de nombreux ministres du précédent gouvernement d’Alexis Tsipras (janvier 2015-août 2015), dont le ministre de l’économie et du développement Georges Stathakis ainsi que Nikos Kotzias, ministre des affaires étrangères.

un ministre aux propos douteux

Le premier ministre a cependant été critiqué mercredi pour avoir donné un portefeuille à un souverainiste de droite connu pour des propos plus que douteux, visant les Juifs et les homosexuels. Dimitris Kammenos a été nommé secrétaire d’Etat aux Infrastructures.

Or, il s’est illustré en juin, moment de grande tension entre Athènes et Bruxelles, en comparant le plan d’aide à la Grèce, alors suggéré par les créanciers européens, au camp de concentration d’Auschwitz.

Cet ex-lobbyiste et capitaine de réserve des forces spéciales grecques de 49 ans, avait mis sur son site Facebook un montage d’une photo montrant l’entrée du camp de concentration, surmontée de la lugubrement célèbre mention «Arbeit macht Frei», «le travail, c’est la liberté», en remplaçant celle-ci par «Nous restons en Europe», le slogan favori des pro-Européens en Grèce.

Dans un autre registre, l’hebdomadaire To Vima avait souligné en juin que Dimitris Kammenos avait décrit la Gay Pride grecque comme «pathétique»

Seize ministres

Au ministère de l’intérieur est nommé Panayotis Kouroublis, ancien ministre de la santé. Le ministre adjoint au portefeuille crucial de la politique migratoire reste Ioannis Mouzalas, sortant du gouvernement par intérim, qui a su gérer d’une manière efficace l’afflux des migrants en Grèce.

Au total, le nouvel exécutif compte seize ministres et une trentaine des ministres adjoints et des secrétaires d’Etat.

Trois ministères, celui de la marine marchande et de la politique des îles, celui de l’énergie et de l’environnement, et des transports redeviennent autonomes. Dans le précédent gouvernement, ils étaient intégrés dans d’autres ministères.

Le vice-président du cabinet reste l’économiste Yannis Dragasakis, tandis qu’Alekos Flabouraris, mentor d’Alexis Tsipras, maintient le portefeuille pour la coordination de l’œuvre gouvernementale. (ats/nxp)