Trois ans après une intervention restée dans les annales, lorsqu’il avait exhibé un dessin montrant une bombe, pour illustrer les dangers d’un Iran doté de la bombe nucléaire, Benjamin Netanyahu a de nouveau usé du registre dramatique.
«70 ans après le meurtre de 6 millions de juifs, les dirigeants iraniens promettent de détruire mon pays, de tuer mon peuple, et la réponse de cette assemblée, de presque tous les gouvernements représentés ici, a été inexistante. Silence total. Silence assourdissant», a lancé Benjamin Netanyahu.
Avant de se taire, visage dur, hochant la tête d’un air excédé … pendant 45 secondes. Un temps très long dans l’ambiance généralement feutrée, voire endormie, de l’Assemblée générale.
«The sound of silence»
La séquence a immédiatement fait l’objet de détournements sur internet, une vidéo montrant notamment les 45 secondes avec fond sonore la célèbre chanson de Simon and Garfunkel: «the sound of silence» (le bruit du silence).
Après l’interruption de son discours, Benjamin Netanyahu a repris sur un ton très offensif. «Voici mon message aux dirigeants de l’Iran: votre plan pour détruire Israël échouera. Et voici mon message aux pays de l’ONU: quelles que soient les résolutions que vous adoptez dans cette enceinte, quelles que soient les décisions que vous pouvez prendre dans vos capitales, Israël fera tout ce qu’il doit faire pour défendre son Etat et son peuple», a-t-il lancé, sous les applaudissements de sa délégation.
Farouche contempteur de l’Iran et de l’accord nucléaire conclu le 14 juillet entre les grandes puissances et Téhéran, Benjamin Netanyahu a de nouveau dénoncé un «mauvais deal» et exhorté les grandes puissances à «laisser leur enthousiasme au vestiaire».
«La plus grande menace sur le monde»
«J’ai toujours dit que la plus grande menace sur le monde était l’union de l’islam militant avec l’arme nucléaire. L’accord (du 14 juillet) est le certificat de mariage de cette union», a-t-il lancé.
Téhéran et les grandes puissances ont conclu à Vienne après des années de négociation un accord bridant et mettant sous strict contrôle international le programme nucléaire iranien, en échange d’une levée des sanctions.
Benjamin Netanyahu a vilipendé les pays qui, après la conclusion de l’accord, «se ruent en Iran pour faire des affaires avec un régime qui a promis notre destruction».
Dans la deuxième partie de son discours, le premier ministre israélien a abordé le conflit avec les Palestiniens et s’est dit «prêt à reprendre immédiatement des négociations de paix directes sans aucune condition préalable». «Malheureusement, le président (palestinien Mahmoud) Abbas n’est pas disposé à le faire, j’espère qu’il va changer d’avis», a-t-il ajouté.
Processus entièrement gelé
Le processus de paix est totalement gelé depuis l’échec d’une médiation américaine en avril 2014. «Je reste attaché à la vision de deux Etats pour deux peuples», a assuré Benjamin Netanyahu, évoquant «un Etat palestinien démilitarisé (qui) reconnaîtrait un Etat juif».
La solution à deux Etats, prônée par la communauté internationale, apparaît de plus en plus inatteignable compte tenu de l’impasse diplomatique dans laquelle se trouve le conflit israélo-palestinien et de la situation sur le terrain.
Il a exigé de M. Abbas qu’il «dénonce les actions des militants islamistes qui introduisent des explosifs dans la mosquée Al-Aqsa et veulent empêcher juifs et chrétiens de visiter les lieux saints». «C’est là qu’est la vraie menace contre les lieux saints», a-t-il martelé.
Benjamin Netanyahu intervenait au lendemain d’un discours du président palestinien devant la même Assemblée. Mahmoud Abbas avait dénoncé la poursuite de la colonisation et dit ne plus se considérer comme lié par les accords avec Israël.
(ats/nxp)



