L’aviation américaine, qui a mené samedi un bombardement sur Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan, répondait à une demande de soutien aérien de soldats afghans. Ils étaient pris sous le feu des taliban, a déclaré lundi le général américain John Campbell, qui commande les forces étrangères encore présentes dans le pays.
Les frappes ont touché un hôpital de Médecins sans frontières (MSF), faisant 22 morts dont 12 membres du personnel de l’ONG qui a évoqué un probable «crime de guerre».
Le général Campbell n’a pas directement mentionné le bombardement de l’hôpital. Cependant, il a promis lors d’un point de presse que l’enquête de l’Otan serait menée en toute transparence.
«Le 3 octobre, les forces afghanes nous ont informés qu’elles étaient sous le feu des positions ennemies et ont réclamé un soutien aérien aux forces américaines», a-t-il dit. «Une attaque aérienne a alors été demandée pour éliminer la menace des taliban et plusieurs civils ont été frappés.»
Rendre des comptes
«Si des erreurs ont été commises, nous le reconnaîtrons», a poursuivi le général Campbell. «Les responsables auront à rendre des comptes et nous prendrons des mesures pour nous assurer que de telles erreurs ne se reproduiront pas.»
Les premières informations sur l’attaque laissaient entendre que des soldats américains à Kunduz avaient été pris pour cibles par les islamistes et que le raid aérien avait été mené à leur demande.
L’enquête de l’Otan a été confiée au général Richard Kim, qui se trouve sur place, a précisé le général Campbell.Il a dit s’attendre à ce que les résultats préliminaires de l’enquête soient connus «d’ici deux jours».
Magasins rouverts
A Kunduz, les habitants et les forces de sécurité rapportent que les soldats gouvernementaux ont repris le contrôle de la majeure partie de la ville. Des magasins ont rouvert pour la première fois depuis l’attaque des taliban il y a une semaine.
Pour la première fois depuis huit jours également, il n’y a pas eu de tirs et les habitants ont pu sortir de chez eux pour aller au ravitaillement.
Le drapeau afghan flotte de nouveau sur le siège du gouvernement provincial mais le centre-ville a beaucoup souffert des combats et une forte odeur de mort flotte sur les décombres.
Sayed Mukhtar, directeur de la santé publique à Kunduz, a fait état d’un bilan de 55 morts et de 600 blessés, qui devrait s’alourdir alors que les forces gouvernementales continuent de nettoyer les poches de résistance autour de la ville. (ats/nxp)



