Air cocaïne: Un expert aérien dit avoir organisé la fuite des pilotes

«C’était une opération de sauvetage de deux personnes condamnées à mort si elles étaient restées sur place», a souligné le criminologue français et expert aérien Christophe Naudin, sur la radio française RTL.

Selon lui, pour exfiltrer Pascal Fauret et Bruno Odos, laissés libres après leur condamnation mi-août en attendant leur procès en appel, «quatre scenarii» avaient été «prévus pour brouiller les pistes et éviter les trahisons sur place». «J’ai choisi au dernier moment le transbordement par mer», a-t-il poursuivi, soulignant qu’il se trouvait lui-même «sur le bateau de recueil».

Militaires et anciens marins

Selon des sources proches du dossiers, les pilotes ont rejoint en bateau l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin, avant d’embarquer sur un vol pour la Martinique, puis Paris.

D’après M. Naudin, «une dizaine» de personnes ont participé à l’opération, «beaucoup d’anciens marins» et «quelques autres militaires» qui «viennent plutôt du corps de l’aéronautique».

Services secrets pas impliqués, selon Naudin

Des médias ont fait état de l’implication d’agents des services français et/ou dominicains, anciens ou toujours en service. «S’il y a des gens qui font partie des services secrets français et qui étaient dans l’opération, ils ne m’ont pas mis au courant», a assuré M. Naudin.

Ex-pilotes de chasse, Pascal Fauret et Bruno Odos ont reçu, depuis leur arrestation en mars 2013 dans un avion bourré de cocaïne, le soutien du réseau de l’Aéronavale française.

Les pilotes «sont rentrés en France (…) avec plutôt leurs papiers», a affirmé M. Naudin en réponse à une question sur l’éventuelle utilisation de faux papiers, leur passeport ayant été confisqué par les autorités dominicaines. «Ils n’ont commis aucune infraction», «a priori il n’y a pas eu de fraude documentaire».

Un budget d’un «peu moins de 100’000 euros»

«Il y a eu des difficultés», «des informations ont fuité avant qu’on soit de retour en métropole (…) il était prévu à l’origine qu’ils restent une quinzaine de jours tranquilles (…) avant d’affronter la tempête médiatique», a-t-il souligné. Selon lui, les autorités dominicaines ne «se sont doutées de rien». «D’autres personnes se sont chargées des problèmes de financement» de l’opération, avec un budget d’un «peu moins de 100’000 euros», a encore expliqué l’expert aérien.

Christophe Naudin avait témoigné en faveur des deux pilotes à leur procès dominicain, assurant qu’aucun mécanisme légal ne rendait les pilotes responsables des marchandises transportées.

(afp/nxp)