En prélude de la campagne pour le référendum, la plateforme Refondation nationale a organisé hier une rencontre d’échanges avec les anciens membres de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri). Cette initiative, selon son coordonnateur Cheikh Guèye, consiste à dresser un diagnostic des propositions de réforme du Président Macky Sall qui s’inspirent des conclusions de la Cnri.
Pour une meilleure compréhension des enjeux du référendum, la Refondation nationale compte renforcer le dialogue avec les responsables de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri). C’est dans ce cadre qu’elle a organisé hier une rencontre pour échanger sur les conclusions de la Cnri et faire le diagnostic des 15 points de réforme proposés par Macky Sall. «Nous avons eu à organiser 45 panels citoyens dans tous les départements du pays. Ce travail de consultation populaire nous a permis d’élaborer une série de recommandations qui épousent 11 problématiques institutionnelles soumises par le Président.
Un rapport que nous avons partagé avec le président de la République qui a délégué cette mission à la Cnri. Cet avant-projet de Constitution a été dans une large mesure repris dans le projet de reforme constitutionnelle de Macky Sall», affirme Sidy Cissé ancien rapporteur de la Cnri. Toutefois, indique le sieur Cissé, il apparait dans le texte référendaire que beaucoup de dispositions consignées dans le rapport de la Cnri ont été soit ignorées, soit vidées de leur substance initiale.
«Il y a un certain nombre de propositions qui ont été reprises, mais avec quelques modifications. Dans le cas du statut du chef de l’opposition, la Cnri a proposé des règlements concrets pour définir ses prérogatives, mais dans le texte du référendum on se contente simplement d’énoncer ce statut.
Par ailleurs, l’exécutif a ignoré des propositions comme l’instauration d’un juge des libertés et le prolongement du mandat du président de l’Assemblée nationale à 5 ans ou même le droit de saisine des institutions judiciaires. Des suggestions qui visaient à approfondir la démocratie et l’Etat de droit », soutient-il. A l’en croire, l’avant projet déposé en février 2014 prenait en charge un certain nombre de préoccupations comme la durée du mandat, le mode d’élection et la laïcité. «Ces points ont bénéficié d’une large consultation auprès des chefs religieux afin de recueillir leurs avis».
Mieux étudier les insuffisances et les avancées du projet de Macky Sall
Dans son intervention, le coordonnateur du mouvement Dr Cheikh Guèye a indiqué que la rencontre d’hier permet d’assurer une meilleure appropriation des conclusions des Assises qui sont la quintessence des réformes institutionnelles proposées par Macky Sall. «Nous voulons faire un diagnostic et une analyse des différences qu’il y a eues entre les recommandations de la Cnri et du projet de réformes. Nous voulons assurer une meilleure vulgarisation des contenus du projet de réforme auprès des populations», dit-il. D’autant que souligne-t-il, la commission qui émane d’une délégation de pouvoir du Président doit permettre d’éclairer le choix des Sénégalais lors de ce référendum. «Ce processus de sept mois doit nous permettre de tirer de la valeur ajoutée à ce que nous avons vécu en termes d’institutions. C’est un travail approfondi qui doit constituer un point de départ pour meilleure promotion des valeurs démocratiques», soutient-il.
(L’as)




