La France n’est plus l’équipe qui perd toujours les matches importants face à l’Allemagne. Hier soir, dans un Vélodrome incandescent, les Tricolores ont tiré le maximum de chaque situation – qu’elles soient défensives ou offensives – pour faire tourner cette soirée événement en leur faveur. Les Allemands ont tout tenté en seconde période. Mais à bout de souffle, ils ont fini par se rendre à l’évidence: ils se trouvaient devant un adversaire que rien ne pouvait arrêter. La France n’est donc plus qu’à une marche de ce bonheur programmé que le Portugal tentera de lui contester dimanche, au Stade de France.
Un match plein et costaud
Les Bleus sont entrés dans cette partie avec beaucoup d’intensité et une envie immédiate d’aller tester la défense allemande. Sur une belle et bonne initiative de Griezmann, Neuer a dû se détendre dès la 7e minute. Mais cette tentative d’intimidation – dans le bons sens du terme – ne s’est pas prolongée. Rapidement, l’Allemagne a repris la possession pour de longues séquences qui ont contraint le bloc français a jouer souvent très bas, tout près de sa surface. Sur un tir de Can, Lloris est alle chercher un ballon très difficile, tout près de son poteau droit. Le ton était donné.
Sur l’intensité et le niveau technique général, cet Euro tenait enfin un match plein et costaud. Même si elle était bousculée, on sentait cette France susceptible de réagir à tout instant. A la 42e minute, suite à un contre favorable, Giroud pouvait se projeter vers le but allemand. Mais l’intervention de Höwedes (superbe tacle) évitait le pire aux hommes de Joachim Löw. Alors que les deux équipes étaient sur le point de regagner les vestaires, c’était le coup de théâtre, sous la forme d’une intervention fautive (de la main) de Schweinsteiger dans un duel aérien avec Evra. Monsieur Rizzoli donnait un pénalty que Griezmann transformait sans la moindre hésitation.
En seconde période, l’Allemagne, déjà marquée par plusieurs absences, perdait encore son défenseur Boateng sur blessure. Les hésitations de l’arrière-garde allemande se traduisaient très vite par une grosse approximation qui permettait à Pogba d’adresser un centre que Neuer ne pouvait que repousser dans les pieds de l’inévitable Griezmann. C’était 2-0. Une poignée de secondes plus tard, une frappe de Kimmich s’écrasait sur l’angle des buts de Lloris. Il semblait dit que tous les efforts allemands resteraient vains.
Une barrière psychologique
Bien sûr, il était déjà arrivé à la France de battre son voisin allemand, mais seulement pour beurre, entendez par là en match amical et jamais lorsque ça comptait vraiment. Cela faisait donc 58 ans que les Bleus attendaient cela, soit depuis ce jour de 1958 (Coupe du monde en Suède) où ils s’étaient imposés… 6-3 à l’occasion de la petite finale. C’était l’époque de Kopa et Fontaine, souvenirs d’un autre âge. Par la suite, le duel franco germanique s’est cristallisé autour de trois rendez-vous, tous douloureux, d’abord Séville 1982, puis Guadalajara 1986 et enfin, plus près de nous, Rio 2014, avec une défaite en quart de finale (but de Hummels).
En enlevant ce premier duel dans le cadre d’un Euro, la France a sans doute brisé une barrière psychologique, ouvrant à cette génération talentueuse de nouvelles perspectives. Et pour commencer celle d’un titre de champion d’Europe. Mais s’il a jusque-là ménagé de longues plages de récupération aux équipes, le tournoi se montre impitoyable à l’approche du dernier week-end. La France n’aura ainsi que trois jours – soit un de moins que son adversaire – pour se refaire une santé. Et il en faudra dimanche pour cette nouvelle bataille!
(TDG.ch)



