Présidentielle américaine: Trump qualifié de «lâche» dans son propre camp

Donald Trump faisait l’objet lundi de critiques très sévères, y compris dans son camp républicain, après s’en être pris à la famille d’un officier musulman de l’armée américaine tombé au champ d’honneur, un tabou absolu aux Etats-Unis et un faux pas qui pourrait s’avérer coûteux politiquement. «Il est temps pour Donald Trump de donner l’exemple à notre pays et au parti républicain», s’est indigné le très respecté sénateur républicain John McCain après le énième dérapage du milliardaire.

Cette fois, Donald Trump s’en est pris publiquement à la famille d’un capitaine musulman de l’armée américaine mort au combat en Irak en 2004 en tentant de sauver ses hommes. Le père du capitaine Khan, immigré de première génération et avocat, avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate et reproché à Donald Trump son projet d’interdire aux musulmans l’entrée aux Etats-Unis, pour lutter contre le terrorisme.

«M. Khan, qui ne me connaît pas, m’a attaqué vicieusement depuis l’estrade du parti démocrate et continue maintenant à le faire partout à la TV – Sympa!», a asséné le candidat sur Twitter. Il avait également insinué que la mère du soldat avait été forcée au silence parce qu’elle était musulmane. Elle lui a répondu en expliquant que la douleur pour la perte de son fils l’aurait empêché de parler. Avec ses attaques, Donald Trump a touché le nerf d’un sujet tabou aux Etats-Unis, où les militaires sont traditionnellement perçus comme des héros défenseurs de la liberté.

Des propos «répugnants et insultants»

«Bien que le parti l’ait nommé, cela ne lui donne pas le droit de diffamer les meilleurs d’entre nous», a tancé John McCain. «Votre fils était ce que l’Amérique a de meilleur et la mémoire de son sacrifice va faire de nous une nation meilleure, il ne sera jamais oublié». Après ce nouveau dérapage, la petite-fille du sénateur, Caroline McCain, elle-même républicaine, a annoncé lundi qu’elle voterait Hillary Clinton le 8 novembre, qualifiant d’«impardonnable» les propos de Donald Trump, «un lâche». Autre coup dur pour le magnat de l’immobilier, les familles de 17 soldats tombés au champ d’honneur ont dénoncé ses propos «répugnants et personnellement insultants pour nous».

Portée par un rebond post-convention dans un sondage CBS lundi, Hillary Clinton a appelé les républicains dimanche à choisir les intérêts «du pays plutôt que le parti». Malgré ses dérapages fréquents M. Trump était jusque-là au coude-à-coude dans les sondages avec sa rivale. L’enquête CBS publiée lundi donne toutefois sept points d’avance à la candidate démocrate.

(20 minutes/afp)