Bruxelles «L’Europe a des problèmes plus graves que Trump»

L’Union européenne a des préoccupations bien plus graves que la victoire électorale de Donald Trump, a déclaré le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, après une rencontre avec ses homologues à Bruxelles. La Pologne se joint ainsi à ceux – dont la Hongrie et le Royaume-Uni – pour qui cette réunion convoquée par la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini était prématurée, la politique étrangère de M. Trump n’étant pas encore vraiment définie.

«J’ai dit, lors de cette rencontre, que l’Europe a beaucoup de problèmes, mais pas avec l’Amérique», a dit le ministre polonais, dont les propos ont été diffusés par les chaînes de télévision polonaises. «Même si nous ne voyons pas Donald Trump comme un ange, il n’est pas non plus un enfant à problèmes qui exigerait des relations spéciales, des discussions spéciales», a-t-il ajouté.

Witold Waszczykowski a cité les problèmes de l’UE: la zone euro et la monnaie commune, les institutions, la sortie prévue du Royaume-Uni, les conflits persistants dans son voisinage – entre la Russie et l’Ukraine, en Syrie, en Libye -, et l’avenir du Partenariat oriental. «C’est de ces problèmes dont nous devons nous occuper, et non des élections aux Etats-Unis, pays à la démocratie solide», a-t-il affirmé. «Le souci particulier manifesté par l’UE concernant la relation avec les Etats-Unis est un peu exagéré», a-t-il ajouté.

«De la perte de temps»

Plusieurs ministres avaient décliné l’invitation de Mme Mogherini, dont le Britannique Boris Johnson, qui «ne voyait pas l’utilité» de cette réunion supplémentaire, et le Français Jean-Marc Ayrault, pour officiellement «des raisons d’agenda». Ce dernier a cherché à dédramatiser la situation créée par le triomphe de M. Trump. «Arrêtons de parler de désarroi. N’est-ce pas l’occasion pour l’Europe de se ressaisir?», a-t-il demandé sur la radio française Europe 1.

Pour son homologue hongrois Peter Szijjarto, lui aussi absent, la rencontre de dimanche, à la veille d’un habituel rendez-vous mensuel des 28, était «complètement prématuré», «de la perte de temps». La Hongrie est le seul membre de l’UE ayant souhaité une victoire de Donald Trump. «Ce qui aurait paru assez bizarre c’est que l’on parle partout de l’élection d’un nouveau président aux Etats-Unis sauf entre ministres des Affaires étrangères européens», a répliqué le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders.

(afp)