Trois Palestiniens et trois Israéliens ont perdu la vie vendredi. Les deux parties continuent de s’opposer sur la question du maintien de maintien des détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est annexée.
Le ministère palestinien de la Santé a annoncé la mort d’un jeune de 17 ans, d’un autre de 18 ans, et d’un troisième d’âge inconnu. Deux au moins ont été tués par balles dans deux quartiers de Jérusalem-Est occupé et annexé par Israël en violation du droit international. Ces quartiers sont relativement éloignés du sanctuaire. Un troisième est mort après avoir été touché au coeur par balles à Abou Dis, en Cisjordanie occupée.
On ignore la provenance des tirs, même si certains médias rapportent qu’un colon israélien habitant une implantation en Cisjordanie serait responsable d’un des décès. La dixième chaîne israélienne a également annoncé la mort d’un enfant de huit ans asphyxié par des gaz lacrymogènes, qui n’a pas pu être confirmée.
De leur côté, les services de secours israéliens ont annoncé que trois Israéliens avaient été poignardés à mort dans leur domicile, situé dans l’implatation juive de Neve Tsuf. Un quatrième a été blessé. L’assaillant, un jeune Palestinien de 19 ans originaire de Khobar, un village situé près de Ramallah, a été abattu, a dit sur Twitter l’armée israélienne.
«Gel des contacts»
Ces incidents et le maintien des portiques de sécurité ont conduit le président palestinien Mahmoud Abbas à suspendre les contacts officiels avec Israël.
«Au nom de la direction palestinienne, j’annonce (…) un gel de tous les contacts avec l’Etat d’occupation à tous les niveaux jusqu’à ce qu’Israël s’engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier», a déclaré Mahmoud Abbas.
Confrontations quotidiennes
Des confrontations quotidiennes ont eu lieu entre manifestants palestiniens lançant des pierres et policiers israéliens armés de grenades assourdissantes depuis que des portiques de détection sont entrés en service dimanche à l’entrée de l’esplanade des Mosquées, aussi appelée mont du Temple par les Juifs.
Ces mesures restrictives ont été prises après la mort de deux policiers israéliens abattus par des Arabes israéliens dans ce lieu saint vendredi dernier. Le conseil de sécurité du Premier ministre israélien a décidé jeudi soir le maintien des détecteurs de métaux afin d’empêcher que des armes à feu puissent à nouveau être introduites sur l’esplanade.
Plusieurs centaines de fidèles musulmans se sont rassemblés aux différentes entrées du sanctuaire avant la prière du vendredi matin. Ils ont refusé de pénétrer dans les lieux, préférant suivre le service depuis l’extérieur des bâtiments. «Nous refusons les restrictions israéliennes sur la mosquée d’Al Aksa», a dit le grand mufti de Jérusalem, Mohammad Hossein.
Trente blessés
Des dignitaires musulmans et certaines factions politiques palestiniennes avaient appelé les fidèles à se rassembler vendredi pour une «journée de colère» contre les nouvelles mesures de sécurité. Celles-ci contreviennent aux accords régissant les lieux depuis plusieurs décennies, selon eux.
En début d’après-midi, peu de violences avaient été signalées, la police israélienne ayant dépêché des unités en renforts pour assurer la sécurité dans la vieille ville dont les accès étaient contrôlés. Quelques manifestants ont lancé des pierres et tenté de franchir un cordon de la police qui a répliqué par des tirs de grenades assourdissantes.
Les services ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien ont fait état de 30 blessés, dont deux dans un état grave et de plusieurs autres souffrant d’inhalation de gaz lacrymogènes.
Accès limité
L’entrée sur l’esplanade des Mosquées est limitée aux femmes sans distinction d’âge et aux hommes de plus de 50 ans. A Hébron, en Cisjordanie occupée, des Palestiniens ont prié à l’extérieur en signe de solidarité avec ceux de Jérusalem.
En Jordanie, plus de 8000 manifestants ont défilé vendredi à Amman et dans d’autres villes du pays pour protester contre les nouvelles mesures israéliennes autour de l’esplanade des Mosquées. La Jordanie, qui administre ce site saint, tente de mener une mission de médiation.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a téléphoné jeudi à son homologue israélien, Reuven Rivlin, pour lui demander le retrait des détecteurs de métaux. Le coordinateur de l’ONU pour les négociations de paix israélo-palestiniennes, Nickolay Mladenov, a lancé un appel au calme et la Maison blanche a souhaité une solution.
«Israël est déterminé à maintenir le statu quo sur le mont du Temple et la liberté d’accès aux lieux saints», précise le cabinet de sécurité de Benjamin Netanyahu dans un communiqué.
(nxp/ats)



