La représentation des Nations unies au Brésil a manifesté vendredi sa «profonde inquiétude» quant à une ordonnance du gouvernement. Celle-ci assouplit les normes régissant la lutte contre l’esclavage moderne.
Pour l’ONU, l’ordonnance, publiée lundi dans le journal officiel par le ministère du Travail «tend à rendre ce combat plus difficile». Ce nouveau texte réduit notamment les critères de l’inscription d’entreprises dans la «liste sale», rapport exhaustif qui expose depuis 2003 les employeurs coupables d’esclavage moderne.
D’après les nouvelles règles, les conditions de travail qui s’assimilent à de l’esclavage moderne sont presque exclusivement limitées aux situations de privation de liberté. Le texte ne prend plus en compte les notions de conditions dégradantes stipulées auparavant.
Avalanche de critiques
«Au Brésil, beaucoup de cas sont occultés, comme le travail forcé dans les fermes, les usines ou dans les domiciles», critique l’ONU, soulignant que la seule façon de faire face à ce problème était de disposer «d’une législation efficace».
L’ordonnance du gouvernement a suscité une avalanche de critiques au Brésil, dernier pays d’Amérique à avoir aboli l’esclavage, en 1888. L’ex-président Fernando Henrique Cardoso l’a qualifiée de «recul inacceptable». Face à cette répercussion négative, le gouvernement a annoncé que le président Michel Temer avait demandé au ministère du Travail de réviser le contenu de l’ordonnance.
Ces derniers jours, des inspecteurs du travail chargés de lutter contre l’esclavage moderne ont fait grève. Ils ont considéré que les nouvelles règles enfreignaient la Constitution brésilienne, ainsi que de nombreuses conventions internationales.
(nxp/ats)



