Espagne: Puigdemont s’exprimera à Bruxelles à 12h30.

 

Carles Puigdemont donnera une conférence de presse ce mardi à 12h30 à Bruxelles, a annoncé l’avocat belge qui le représente. Le , président destitué de l’exécutif régional de Catalogne envisage de demander l’asile en Belgique, mais rien n’avait encore été décidé.

«Nous avons beaucoup de temps pour décider. Nous verrons dans les prochaines semaines», a déclaré l’avocat Paul Bekaert, spécialisé dans les dossiers liés aux droits de l’homme et au droit d’asile qui a notamment défendu des Basques espagnols. Il a souligné que Carles Puigdemont avait avant tout choisi Bruxelles parce que c’est «la capitale de l’Europe» et une plateforme pour s’adresser au monde.

Poursuites pour rébellion

Le procureur général espagnol, Jose Manuel Maza, a demandé lundi à la mi-journée que Carles Puigdemont et d’autres dirigeants catalans séparatistes soient poursuivis pour rébellion, sédition et malversation. Il considère que «leurs décisions et actions prises ces deux dernières années ont produit une crise institutionnelle qui a abouti à la Déclaration unilatérale d’indépendance» de vendredi, «au mépris total de notre Constitution».

L’ancien président de la Generalité catalane, destitué ainsi que tout son gouvernement par Madrid en application de l’article 155 de la Constitution, est arrivé lundi à Bruxelles. Il a d’abord gagné en voiture Marseille, d’où il a pris un vol pour la Belgique avec cinq autres membres de l’ex-exécutif catalan, ont rapporté des médias belges.

Selon la chaîne de télévision espagnole La Sexta, il pourrait demander l’asile politique en Belgique. Son avocat belge avait déclaré lundi que Puigdemont n’avait pas fui la Catalogne et qu’il ne se cachait pas.

Les doutes de Madrid

Le ministre des Affaires étrangères espagnol Alfonso Dastis et son homologue de la Justice ont ouvertement douté mardi de la viabilité d’une éventuelle demande d’asile du président catalan destitué, présent en Belgique où il a consulté au moins un avocat. «Il serait surprenant que l’on concède l’asile dans les circonstances actuelles», a déclaré le ministre à la radio Cadena Ser mardi matin.

Selon cette radio et plusieurs médias de Catalogne, Carles Puigdemont envisagerait de demander l’asile en Belgique, ou du moins d’y rester dans l’attente d’une éventuelle demande d’extradition de l’Espagne.

Le parquet général espagnol a annoncé lundi le dépôt d’une plainte pour rébellion, sédition, et malversation notamment, l’accusant d’être responsable, avec le reste de son gouvernement, de la crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration d’indépendance du parlement catalan le 27 octobre. Il appartient désormais à une juge d’instruction de déterminer si cette plainte est recevable.

Action violente

La rébellion implique une action violente et est passible d’une peine allant jusqu’à 30 ans de prison. Pour l’instant, a souligné le chef de la diplomatie espagnole, Carles Puigdemont n’est pas poursuivi et «il est libre de ses mouvements». Et dans tous les cas les autorités espagnoles ne voient pas sur quelle base il pourrait demander l’asile.

«Nous estimons qu’entre les Etats membres de l’Union européenne il existe un niveau de confiance réciproque sur le fait que nous sommes des Etats de droit», avait-il précisé auparavant, soulignant qu’à ce stade les autorités espagnoles n’avaient aucune information confirmée sur le sujet.

«En Europe, nous avons tous des systèmes démocratiques», a argumenté aussi le ministre de la justice Rafael Catala. «Il n’a aucun argument».

Internationaliser l’affaire

L’avocat choisi par Carles Puigdemont a par le passé assuré la défense d’anciens membres de l’organisation séparatiste basque armée ETA, dans le cadre de demandes d’extradition de l’Espagne.

Selon un avocat espagnol spécialiste des procédures internationales interrogé par l’AFP sous couvert de l’anonymat, Carles Puigdemont pourrait chercher à «internationaliser» son dossier et à obtenir qu’une justice d’un autre pays examine l’affaire s’il est poursuivi.

Son avocat en Catalogne n’a pas confirmé à l’AFP quelles sont ses intentions. Il a cependant dénoncé «une persécution ayant un caractère davantage politique que juridique», en estimant que le crime de rébellion ne pouvait en aucun cas s’appliquer, faute de violence. mck/gab/ces

(nxp/afp)