«Il y a eu des fautes et des crimes, des grandes choses et des histoires heureuses», mais «les crimes de la colonisation européenne sont incontestables», a déclaré le dirigeant français à l’université de Ouagadougou. C’est «un passé qui doit passer.»
M. Macron a par ailleurs annoncé qu’il allait «proposer une initiative euro-africaine» pour «frapper les organisations criminelles et les réseaux de passeurs» qui exploitent les migrants subsahariens, dont certains sont réduits en esclavage. Et le chef de l’Etat français d’annoncer «un soutien massif à l’évacuation des personnes en danger» en Libye. Il a qualifié la vente de migrants comme esclaves de «crime contre l’humanité».
Emmanuel Macron s’est en outre engagé à faciliter l’extradition de François Compaoré. Le frère de l’ancien président déchu burkinabé Blaise Compaoré avait été arrêté en octobre dernier en France dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en 1998.
Déclassifier les documents sur la mort de Sankara
Le président français Emmanuel Macron a promis mardi que tous les documents français concernant l’assassinat de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara en 1987 seraient «déclassifiés». Il s’est entretenu avec le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré à Ouagadougou.
«Les archives sont aujourd’hui disponibles et ouvertes à la justice burkinabè, sauf pour les documents classifiés et couverts par le secret défense. J’ai pris un engagement clair et je viens de le dire au président Kaboré : ces documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè qui aura accès à tous les documents sur l’affaire Sankara», a déclaré le président français lors d’un point presse.
La mort de Thomas Sankara, devenue une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de l’ancien président Blaise ou pendant les 27 ans de pouvoir de l’ancien président Blaise Compaoré, qui a succédé au «père de la révolution».
M. Compaoré vit en exil en Côte d’Ivoire depuis 2014. Il est soupçonné d’avoir participé au complot par de nombreux Burkinabè qui y voient aussi la main de la France, ancienne puissance coloniale qui aurait été gênée par la politique anticolonialiste de Sankara.
Pneus incendiés
M. Macron s’est ensuite rendu à l’université de la capitale burkinabè Ouagadougou pour y prononcer un discours face à 800 étudiants. Des manifestants ont dressé des barricades et incendié des pneus sur la voie menant à l’université, a constaté un journaliste de l’AFP.
Scandant des slogans tel que «A bas l’exploitation de l’Afrique par l’Occident», les manifestants ont bloqué des véhicules se rendant à l’intervention du président français, qui a cependant pu accéder au campus et a commencé son discours. Ces manifestants faisaient face à des forces anti-émeutes.
Une attaque à la grenade était survenue la veille au soir à Ouagadougou, quelques heures avant l’arrivée du président français au Burkina Faso. M. Macron a minimisé l’incident, soulignant que cette «réaction» à sa venue était sans commune mesure avec les attentats meurtriers dont la capitale burkinabé a été le théâtre.
(nxp/ats/afp



