Sierra Leone: l’opposition gagne la présidentielle.

 

Le candidat du principal parti de l’opposition en Sierra Leone, Julius Maada Bio, a été déclaré officiellement vainqueur de l’élection présidentielle. Il retrouve le pouvoir, 22 ans après l’avoir brièvement exercé après un coup d’Etat.

M. Bio, un ancien militaire de 53 ans, l’a emporté lors du second tour du 31 mars avec 51,81% des voix, contre 48,19% pour le candidat du parti au pouvoir, Samura Kamara, a annoncé en milieu de soirée le président de la commission électorale nationale (NEC).

Des cris de joie ont immédiatement éclaté dans le centre de la capitale Freetown, ont constaté des journalistes de l’AFP. Au premier tour, le 7 mars, «Maada» Bio avait déjà devancé de 15’000 voix M. Kamara, un ancien ministre des finances et des affaires étrangères âgé de 66 ans personnellement choisi par M. Koroma pour défendre les couleurs du congrès de tout le peuple (APC).

Saisir la justice

Mais dans un message télévisé, M. Kamara a affirmé que les résultats «ne reflètent pas les nombreuses inquiétudes de son parti concernant des bourrages d’urnes massifs, des votes surnuméraires et d’autres irrégularités». Demandant à ses partisans de rester «calmes et pacifiques», il a indiqué qu’il allait saisir la justice.

Deux heures après l’annonce de sa victoire, M. Bio, habillé d’une longue tunique blanche, a prêté serment dans une salle de conférences d’un grand hôtel.

Il a reçu du plus haut magistrat du pays un long bâton de commandement, symbole de la passation du pouvoir avec son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, qui l’avait battu en 2012. Ce dernier ne pouvait plus se représenter après deux mandats de cinq ans.

Relancer l’économie

La priorité du nouveau président sera de relancer l’économie sierra-léonaise, dont le net rebond du début des années 2000 a été freiné par la chute du prix des matières premières et la grave crise de santé publique due au virus Ebola en 2014-2015.

Après des années de croissance à deux chiffres, le PIB sierra-léonais, dépendant largement du potentiel minier, a fondu de 20% en 2015. Depuis, l’économie tourne au ralenti.

Pendant la campagne, il s’est engagé à réviser les concessions minières et les avantages fiscaux accordés aux compagnies étrangères et à instaurer une éducation primaire et secondaire gratuite pour tous les enfants sierra-léonais, alors que le pays demeure l’un des plus pauvres au monde.

Connu pour son franc-parler, il a aussi qualifié d’«arnaques» les projets d’infrastructures financés par la Chine que privilégie l’administration du président Koroma.

(nxp/ats)