L’ancienne présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a été vendredi condamnée à 24 ans de prison pour corruption. Elle est impliquée dans un vaste scandale de trafic d’influence qui a secoué l’économie et l’élite politique du pays.
Première femme élue présidente en Corée du Sud, Mme Park, qui avait été destituée et arrêtée en mars 2017, a été jugée coupable de corruption, abus de pouvoir ou encore coercition par le tribunal. Il lui a aussi infligé une amende de 18 milliards de won (13 millions d’euros).
#UPDATE South Korea's ex-president Park is jailed for 24 years for corruption in a dramatic fall from grace for the country's first woman leader https://t.co/n1ENAtyu1r pic.twitter.com/omdcfHoC3v
— AFP News Agency (@AFP) April 6, 2018
«Fille de la Nation»
Le juge Kim Se-yoon a notamment affirmé que Mme Park avait contraint des entreprises sud-coréennes à verser des dizaines de milliards de wons à deux fondations contrôlées par sa confidente de l’ombre et «amie de 40 ans», Choi Soon-sil. «L’accusée a illégalement usé de son autorité présidentielle à la demande de Mme Choi pour obliger des entreprises à donner de l’argent aux fondations», a affirmé le magistrat. «Les entreprises ont été contraintes de donner des sommes importantes d’argent et l’accusée a laissé Mme Choi contrôler les fondations alors qu’elle n’avait pas le droit de le faire».
«Les sommes que l’accusée a reçues ou demandées en collaboration avec Mme Choi s’élèvent à plus de 23 milliards de wons», a poursuivi le juge. «Je condamne l’accusée à 24 ans de prison et 18 milliards de wons d’amendes».
La fille aînée du dictateur militaire Park Chung-Hee, qui avait accédé en 2013 à la fonction suprême en se drapant dans l’habit de l’incorruptible «Fille de la Nation», a été emportée dans un scandale qui a de nouveau illustré les liens malsains entre le pouvoir politique local et les grands conglomérats.
Le parquet avait demandé 30 ans de prison ainsi que 118,5 milliards de wons (89 millions d’euros) d’amende contre Mme Park, en estimant qu’elle devait porter, en sa qualité d’ancienne présidente, la responsabilité du scandale. Jugée dans un procès distinct, Mme Choi a écopé en février de 20 ans d’emprisonnement.
(nxp/afp)



