Gina Haspel, choisie par le président américain Donald Trump pour prendre la tête de la CIA, a souhaité renoncer à ce poste, selon des sources proches des discussions. Elle invoquait son rôle dans la mise en oeuvre de méthodes d’interrogatoire très contestées, après les attentats de 2001.
Convoquée vendredi à la Maison-Blanche pour évoquer cette question, elle a décliné l’offre pour éviter que son audition de confirmation au Sénat ne nuise à l’agence centrale de renseignement (CIA), ont précisé dimanche des sources, confirmant une information fournie par le Washington Post.
Elle est ensuite retournée au siège de l’agence, à Langley, en Virginie. Marc Short et Sarah Sanders, respectivement conseiller parlementaire et porte-parole de la Maison-Blanche, l’ont aussitôt rejointe sur place pour tenter de la convaincre d’accepter malgré tout de prendre la direction de la CIA. Ils n’ont toutefois pas obtenu d’engagement de sa part, selon le quotidien.
Simulations de noyade
Ce n’est que samedi après-midi que la Maison-Blanche a assuré qu’elle ne se retirerait pas. «La directrice adjointe Haspel est une candidate hautement qualifiée qui a passé plus de trois décennies au service de son pays», a souligné le porte-parole adjoint de la présidence, interrogé sur ces informations.
«Sa nomination ne sera pas remise en cause par les critiques de partisans de l’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) au sujet des moyens mis en oeuvre par la CIA pour assurer la sécurité du peuple américain», a-t-il ajouté.
Première femme nommée à la tête de l’agence dont elle est numéro deux depuis 2017, Gina Haspel doit succéder à Mike Pompeo, devenu secrétaire d’Etat le mois dernier. Lors de sa nomination au poste de directrice adjointe, l’an dernier, il s’est avéré qu’elle avait dirigé une prison secrète en Thaïlande en 2002, sous la présidence de George W. Bush. Deux membres présumés d’Al-Qaïda y ont été soumis à des interrogatoires «poussés», notamment à des simulations de noyade, selon d’anciens agents de la CIA.
(nxp/ats)



