Argentine: Le procureur Nisman a bien été assassiné.

 

La justice argentine a confirmé vendredi que le procureur Alberto Nisman, chargé d’enquêter sur un attentat contre la communauté juive, avait bel et bien été assassiné. La cour d’appel fédéral a définitivement écarté la thèse du suicide.

Son assassinat «a été la conséquence directe de l’accusation (qu’il avait) formulée le 14 janvier 2015 comme chef du parquet spécial Amia», a précisé la cour.

En charge de l’enquête pendant 10 ans, le procureur Nisman avait été trouvé mort dans son appartement de Buenos Aires, une balle dans la tête, le 18 janvier 2015, la veille d’une audition devant le Parlement, lors de laquelle il devait étayer ses accusations.

85 morts et 300 blessés

Il avait été nommé en 2004 pour élucider l’attentat du 18 juillet 1994 contre le bâtiment abritant les institutions juives d’Argentine (Amia), qui avait fait 85 morts et 300 blessés. L’attentat n’a jamais été revendiqué ni élucidé. Israël accuse Téhéran d’en être le commanditaire.

Le procureur Nisman avait lancé des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs dirigeants iraniens, en vain. Plusieurs années plus tard, Cristina Kirchner, alors présidente de l’Argentine, avait scellé un pacte avec l’Iran pour que les suspects soient entendus en Iran par des magistrats argentins, accord qui est resté lettre morte.

En 2017, Mme Kirchner a été mise en examen pour entrave à l’enquête au profit de l’Iran, sur la base des accusations du procureur Nisman. La cour d’appel n’a pas donné suite à la demande de la mère d’Alberto Nisman, qui juge Mme Kirchner responsable de la mort du magistrat.

(nxp/ats)