Le groupe de luxe italien Prada a annoncé qu’il allait se doter d’un «conseil» sur la diversité et le racisme après avoir dû ce weekend retirer de la vente d’un de ses magasins new-yorkais des objets évoquant des caricatures racistes.
Prada racism: Italian brand pulls Pradamalia products from sale amid backlash – https://t.co/cxU6i8mCb3 https://t.co/coQvEqeRAB #fashion pic.twitter.com/aA0fZBWPl5
— idivafashion (@idivafashion) December 17, 2018
«Nous voudrions transmettre nos profonds regrets et nos excuses sincères pour les produits Pradamalia qui ont choqué. Ils ont été retirés du marché et ne seront pas vendus», a indiqué dimanche la firme dans un communiqué sur Twitter.
We are committed to creating products that celebrate the diverse fashion and beauty of cultures around the world. We’ve removed all Pradamalia products that were offensive from the market and are taking immediate steps to learn from this.
Full press release attached. pic.twitter.com/rKhnKjasDz
— PRADA (@Prada) December 16, 2018
Des représentations «blackface»
Une série d’objets présentés dans la vitrine du magasin Prada du quartier de SoHo avait suscité l’émoi sur les réseaux sociaux: des porte-clés, des coques pour téléphones portables ou des tee-shirts utilisaient un motif ressemblant étrangement aux caricatures de «blackface»: des visages de Noirs aux yeux écarquillés et aux lèvres épaisses qui, au XIXe et au début du XXe siècles, ont servi à ridiculiser les Noirs, les présentant également comme ignorants, naïfs ou paresseux.
C’est une passante avocate qui avait la première dénoncé la vitrine de Prada sur son compte Facebook jeudi soir, postant plusieurs photos des objets controversés. Prada s’est d’abord défendu, affirmant qu’il s’agissait «de créatures imaginaires sans référence intentionnelle au monde réel et certainement pas au blackface », tout en annonçant retirer de la vente les objets controversés.
Under fire for racism, Prada will stop selling blackface keychains https://t.co/2NEdXDrv4X pic.twitter.com/xPg05vviua
— Ad Age (@adage) December 16, 2018
Mais après que la controverse eut enflé sur les réseaux sociaux, avec des appels à boycotter la marque, la firme a redressé le tir. «La ressemblance de nos produits au blackface n’était pas du tout intentionnelle, mais nous reconnaissons que cela n’excuse pas les dommages causés. Désormais, nous nous engageons à améliorer nos formations à la diversité et nous allons former immédiatement un conseil consultatif pour guider nos efforts en matière de diversité, d’inclusion et de culture», a indiqué Prada.
Un contexte tendu aux USA
Le groupe italien s’est aussi engagé à «examiner les procédures qui ont mené à ce que de tels produits arrivent sur le marché» et à «faire don des recettes de ces produits à une organisation new-yorkaise qui lutte pour la justice raciale, une valeur en laquelle nous croyons fermement».
“If nothing else, this is a sign about how we need more diversity in board rooms.”
STORY UPDATE: Prada suspends worldwide campaign featuring blackface imagery after onslaught of criticism @PIX11News pic.twitter.com/lJOVJjWM5T
— Andrew Ramos (@AndrewRamosTV) December 15, 2018
Dans un contexte américain de montée de l’extrême-droite et de multiples violences policières contre les Noirs, toute référence au «blackface» rallume les tensions. C’est ainsi qu’une présentatrice vedette de la chaîne NBC, Megyn Kelly, avait perdu son émission en octobre après avoir indiqué qu’elle ne voyait pas de mal à se grimer de la sorte pour Halloween.
(nxp/afp(



