Iran: Selon Khamenei, Téhéran a «repoussé l’ennemi»

 

Le guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que «l’ennemi» avait été repoussé dans le pays, après plusieurs jours de manifestations déclenchées par l’annonce d’une hausse du prix de l’essence et émaillées de violences meurtrières. «Nous avons repoussé l’ennemi dans l’arène militaire. Nous avons repoussé l’ennemi dans la guerre politique», a dit l’ayatollah Khamenei lors d’un discours télévisé tard mardi soir, sans identifier cet «ennemi».

«Nous avons repoussé l’ennemi dans l’arène de la guerre sécuritaire (…) ces derniers jours», a-t-il encore dit, affirmant que les troubles n’étaient pas le résultat d’un mouvement populaire. «Les actions récentes étaient un problème de sécurité, (elles n’émanaient) pas du peuple», a estimé le numéro un iranien. «Nous avons repoussé l’ennemi».

La télévision d’Etat, qui montre rarement des signes de dissidence en Iran, a montré des images de jeunes hommes masqués impliqués dans des accrochages avec les forces de sécurité. Le mouvement a été déclenché vendredi soir quelques heures après l’annonce d’une hausse du prix dans un pays frappé par une crise économique.

Rohani a réagi

L’Iran sort «victorieux» et uni des émeutes des derniers jours comme en témoignent les images des rassemblements pro-pouvoir dans plusieurs villes du pays diffusées par les médias d’Etat, a déclaré mercredi le président iranien Hassan Rohani.

«Notre peuple est sorti victorieux à diverses reprises face au complot des ennemis, et cette fois encore, face à ces émeutes – qui étaient un complot de l’ennemi contre la sécurité [de la Nation], le peuple a été totalement victorieux», a déclaré Hassan Rohani en Conseil des ministres.

Les craintes de l’ONU

L’ONU a dit mardi craindre que «des dizaines» de personnes aient été tuées lors des manifestations. Le même jour, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a avancé que le bilan des morts pourrait se situer entre 100 et 200 morts, dénonçant un recours «à la force létale» contre des rassemblements «largement pacifiques».

L’annonce d’une réforme du mode de subvention de l’essence en Iran, est censée bénéficier aux ménages les moins favorisés, mais s’accompagne d’une très forte hausse du prix à la pompe. Elle survient alors que l’Iran traverse une grave récession provoquée par le retrait unilatéral des Etats-Unis, en 2018, de l’accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement consécutif de lourdes sanctions américaines contre Téhéran.

(nxp/afp)