Cheikh Yerim Seck : « Diomaye Faye doit se séparer d’Aminata Touré si… »

 

Le journaliste et chroniqueur politique Cheikh Yérim Seck estime que « le président Bassirou Diomaye Faye est aujourd’hui politiquement à l’étroit au sein de PASTEF ». Selon lui, si le chef de l’État ambitionne réellement de bâtir une coalition large capable de le porter vers un second mandat, il devra revoir certains choix stratégiques, notamment ses alliances actuelles.

Au centre de son analyse figure Aminata Touré, dont il reconnaît l’expérience politique et la capacité de travail. Toutefois, pour Cheikh Yérim Seck, « Mimi Touré ne joue pour l’instant qu’un rôle de superviseure politique, sans réelle capacité de rassemblement au-delà du camp présidentiel ». Le chroniqueur souligne que « la construction d’une coalition forte nécessite des alliances ouvertes, y compris avec des formations comme le PDS ou l’APR ». Or, selon lui, Aminata Touré est en conflit avec Karim Wade et Macky Sall, ce qui rendrait toute tentative de rapprochement difficile, voire impossible ». « Elle ne peut ni contacter l’APR ni le PDS », affirme-t-il.

Cheikh Yerim Seck revient également sur ce qu’il considère comme une erreur stratégique majeure du président Diomaye Faye : « Etre allé aux élections législatives avec la seule liste de PASTEF, au lieu de porter une liste de coalition présidentielle. » Cette décision aurait, selon lui, renforcé l’idée que la majorité parlementaire est aujourd’hui entre les mains d’Ousmane Sonko, plutôt que sous l’autorité politique du chef de l’État.

Pour le chroniqueur, le message envoyé par PASTEF est « le parti demeure le centre du pouvoir, une perception renforcée par les démonstrations de force politiques et les grands rassemblements ». Diomaye Faye, estime-t-il, aurait compris tardivement que la coalition “DiomayePrésident” aurait dû incarner le pouvoir dès les législatives.

Enfin, Cheikh Yérim Seck insiste sur un point essentiel : « Le président doit apparaître comme un acteur politique à part entière, y compris en laissant planer l’hypothèse d’une candidature future. » « Même si cela n’est pas le cas, il doit faire croire qu’il peut être candidat », soutient-il.

À défaut, prévient-il, « un président perçu comme sans ambition politique risque de perdre en autorité et en respect, un scénario qu’il compare à la fin de règne de Macky Sall ».

En à croire Cheikh Yérim Seck, l’enjeu est que « Diomaye Faye doit élargir son espace politique, s’affirmer face à son propre camp et construire une coalition inclusive, s’il veut gouverner pleinement jusqu’en 2029 et préserver sa marge de manœuvre institutionnelle ».

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