Kédougou : Les députés à l’écoute des acteurs du secteur extractif

 

La Commission énergie et ressources minérales de l’Assemblée nationale effectue une mission de travail de cinq jours à Kédougou. Conduite par son président, le député Babacar Ndiaye, la délégation rencontre l’ensemble des acteurs du secteur minier, en compagnie des services de l’État et d’organisations de la société civile.

Entamée jeudi dernier, cette mission parlementaire vise à rencontrer les sociétés minières, les orpailleurs, les autorités administratives ainsi que les communautés locales, dans le but d’évaluer les pratiques en vigueur dans le secteur extractif. Les députés se sont notamment rendus sur le site aurifère de Bantaco et ont échangé avec les populations de la commune de Tomboronkoto, qui abrite à la fois ce village aurifère et la société minière PMC.
Sur ces différents sites, les parlementaires ont procédé à une évaluation du respect des normes sécuritaires, environnementales, économiques et sociales, tout en s’enquérant des conditions de travail et de vie des exploitants, en particulier ceux de l’orpaillage artisanal.
S’exprimant devant les populations locales, le président de la Commission énergie et ressources minérales a rappelé le sens de la démarche. « Notre mission consiste à contrôler l’action du gouvernement en matière de gouvernance et de transparence du secteur extractif, mais aussi à veiller au respect des normes sécuritaires et à recueillir les préoccupations des populations et des travailleurs », a déclaré Babacar Ndiaye. Il a également insisté sur l’importance du travail de proximité, au-delà de l’activité législative menée à l’hémicycle. « Vous nous avez envoyés à l’Assemblée nationale pour parler, décider et voter en votre nom. Nous avons donc l’obligation d’être proches de vous afin de mieux comprendre vos réalités », a-t-il ajouté.
Sur le terrain, la délégation a relevé plusieurs difficultés majeures, notamment l’accès complexe aux sites d’orpaillage, l’absence de couloirs clairement définis et la destruction de matériels lors des opérations de sécurisation. Une situation jugée préoccupante par le député Babacar Diop, qui estime dans ce sens, qu’elle alimente frustrations et tensions dans une zone déjà fragilisée par l’exploitation clandestine. .
De leur côté, les orpailleurs ont exprimé de vives préoccupations. Le président de la Fédération régionale des orpailleurs de Kédougou, Lamine Cissoko, a dénoncé les saisies répétées d’équipements. « Des matériels acquis à crédit ont été saisis ou détruits, causant de lourdes pertes économiques aux exploitants », a-t-il déploré, appelant à une clarification définitive des zones d’exploitation autorisées.
Au terme des premières visites, les députés ont plaidé pour une réforme en profondeur de l’orpaillage artisanal. « L’exploitation traditionnelle de l’or se pratique encore dans des conditions extrêmement difficiles. Il est urgent d’engager une formalisation effective, respectueuse de la dignité humaine », a souligné Babacar Ndiaye.
La mission s’est poursuivie par des visites dans plusieurs sociétés minières industrielles, notamment Managem-Boto et la mine d’or de Mako, afin d’avoir une vision globale des enjeux et des perspectives du secteur extractif à Kédougou. Elle s’achève ce lundi par une visite à la mine de Sabodala.

Amadou DIOP (Correspondant) / lesoleil.sn /