Kédougou : Qui pour remplacer les semi mécanisées le long de la Falémé en termes de retombées économiques et sociales ?

 

Le président de la république a paraphé un décret, le 2024-1502 du 31 juillet 2024 suspendant toute opération minière ou de délivrance de titre minier dans un rayon de 500 m aux alentours du fleuve Falémé et, sur une période de 3 ans. Dix-huit mois sont passés, des voix s’élèvent pour solliciter une évaluation de la mesure.

La plupart des populations interrogées dans les villages Saensoutou, Bagué, Wassangran, Douguiba et autres souhaiteraient qu’une évaluation participative des impacts de la mesure de suspension des opérations minières le long de la Falémé soit faite. Nos interlocuteurs invoquent deux raisons principales. La première, est que la mesure semble peu efficace dès l’instant que du côté de la rive droite de la Falémé, des activités se poursuivent. Ils avancent comme argument le fait que les forces de défense et de sécurité mettent souvent la main sur du matériel comme ce fut le cas avec une quinzaine de dragues récemment saisies et brûlées par des éléments du 34e bataillon d’infanterie de Kédougou.

La seconde raison évoquée est que certaines de ces entreprises semi mécanisées, à l’image de Sinoil, Sintrade ou encore Cilage, appuyaient beaucoup les populations pour améliorer leurs conditions de vie. Des pistes étaient en cours de réhabilitation, (axe Saraya-Missira Sirimana), des vivres et de l’argent sont offerts pendant les inondations et la saison des pluies, (20 millions de francs pour les villages impactés par leurs opération), un appui pour la construction de salles de classes (25 millions à Bagué), des tracteurs sont offerts, des lampes solaires installées, d’importants dons en équipements sportifs sont faits , la construction d’ouvrage de franchissement vers Douguiiba, entre autres.

« Nous avons perdu tout cela, et malheureusement pour nous, pas grand-chose ne nous est parvenu depuis lors », regrettent-ils en cœur avant d’ajouter, « nous aimerions bien que la Falémé soit protégée, tout comme le Bafing et le Bakoye en république de Guinée mais, que ce soit de façon concertée et avec des dynamiques tenant en compte la gestion des impacts environnementaux et sociaux avec de bons plans conçus à cet effet ».

D’aucuns évoqueront le dépoussiérage et la mise jour de l’étude réalisée sur les exploitations minières artisanales et à petite échelle déjà réalisée mais jamais mise en œuvre.

Boubacar Tamba /