Supporters sénégalais condamnés au Maroc : la défense dénonce une procédure biaisée et prépare l’appel

 

La défense des supporters sénégalais condamnés au Maroc prépare la riposte. Cité par L’Observateur, Me Patrick Kabou, avocat chargé du dossier, dénonce une décision injuste au regard des faits et de l’organisation « chaotique » de la finale.

Une procédure contestée sur le fond et la forme

L’avocat a plaidé la nullité de la procédure, estimant que la loi a été appliquée de manière sélective. Selon lui, le tribunal s’est indûment appuyé sur l’article 308 du Code pénal marocain :

« Ils ont choisi de soulever uniquement l’article 308 […] qui ne parle que des supporters, alors que cet article touche les organisateurs (CAF) et le comportement des forces de l’ordre. »

La défense a également rejeté l’accusation de « trouble à l’ordre public », Me Kabou ayant signifié à la cour qu’il était « impossible de parler de trouble à l’ordre public dans un stade ».

Les stadiers pointés comme responsables de la violence

Pour le conseil des supporters, les incidents ont été déclenchés par les stadiers locaux :

« Tout allait bien jusqu’à ce que Brahim Diaz rate son penalty. C’est à ce moment qu’un stadier a frappé un supporter sénégalais avec une chaise, puis lui a asséné un coup de poing. »

Des images produites par la défense montrent que les policiers sénégalais présents ont dû servir de « tampon » pour protéger les supporters, alors que le comportement des stadiers violait le protocole de la CAF qui leur interdit de porter des coups.

« On a prévu de faire appel »

Alors que la partie civile elle-même aurait reconnu que les supporters sénégalais étaient tout autant victimes de cette organisation chaotique, la défense s’attendait à une relaxe pure et simple.

« On a prévu de faire appel », tranche Me Kabou. Le cabinet attend désormais le retour des autorités fédérales sénégalaises pour lancer officiellement la procédure de contestation de ces condamnations.