Bakel : Mapathé Sy liste les difficultés liées à l’accès aux soins, à la mobilité et à l’emploi

Le président du Conseil départemental de Bakel, Mapathé Sy, a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés sanitaires, sécuritaires et infrastructurelles de sa collectivité territoriale, la plus enclavée de la région de Tambacounda.

TAMBACOUNDA – Bakel vit une situation sanitaire singulière. « Nous sommes le seul département qui se soigne dans une autre région », a déploré le président du Conseil départemental, Mapathé Sy, en marge du Comité régional de développement (Crd), tenue le 19 février 2026, et relatif aux investissements prioritaires du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma). Situé à près de 400 kilomètres de la capitale régionale, Tambacounda, Bakel se trouve dans l’obligation de référer ses patients vers le centre hospitalier régional de Matam, notamment à Ourossogui, jugé plus accessible. Une réalité quotidienne que regrette M. Sy. « Il ne se passe pas une journée sans que nos malades ne soient évacués à Ourossogui ou à Matam », fait-il savoir.
D’une superficie de 6700 kilomètres carrés, le département de Bakel est situé à l’extrémité orientale de la région de Tambacounda.

Il partage des frontières avec la Mauritanie et le Mali. Pour Mapathé Sy, cette position géographique particulière devrait valoir au département « une discrimination positive, notamment par la réalisation d’une structure sanitaire de niveau 2, afin de permettre aux populations de se soigner dignement sur place ».

Mais, la santé est loin d’être la seule préoccupation. « Tout est priorité à Bakel », insiste-t-il. Le département souffre d’un enclavement prononcé, marqué par l’insuffisance des routes et de pistes praticables. À cela s’ajoutent des défis sécuritaires liés à la porosité des frontières, favorisant ainsi le grand banditisme et exposant la zone aux menaces du djihadisme.

Le manque d’emploi pour les jeunes et les femmes, la pauvreté persistante et la faible exploitation des potentialités, notamment celles des mares (étendues d’eau très présentes à Bakel), figurent également parmi les difficultés évoquées. Il y a aussi la montée des eaux pendant l’hivernage qui provoque des inondations entraînant d’importants matériels.

Dans ce contexte, le Puma suscite beaucoup d’espoir. Pour la période 2026-2028, près de 20 milliards de FCfa sont annoncés pour le département. « Ces investissements seront une véritable bouffée d’oxygène pour Bakel », se réjouit le président du Conseil départemental. La coordinatrice nationale du Puma, Ndèye Marième Samb, a précisé, lors du Crd tenu le 19 février 2026, que la priorité sera accordée au désenclavement. « Le focus sera d’abord mis sur celui physique, puis sur le désenclavement numérique », indique-t-elle, assurant que les infrastructures liées à la santé, à l’éducation, à l’eau et à l’électricité ne seront pas en reste.

En attendant la concrétisation de ces promesses, le président du Conseil départemental espère qu’au terme du programme, la mobilité des personnes et des biens sera nettement améliorée, ouvrant la voie à un développement plus équitable pour cette partie orientale du Sénégal.

Boubacar Agna CAMARA (Correspondant) / Lesoleil.sn /